La puissance de l'état en Egypte

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Logique avec lui-même, l'Etat égyptien cherchait donc à empêcher la naissance de la libre entreprise. Le choix personnel d'un métier n'était également possible que dans d'étroites limites et la libre détermination du lieu de résidence pouvait constamment être contrecarrée par les transferts de population décidés par l'Etat. Ainsi donc, les activités économiques privées étaient extrêmement restreintes ou, à tout le moins, strictement localisées. En conclusion, on peut dire que l'économie de l'Egypte ancienne était une économie étatique dirigée par l'administration centrale. Les salaires et les prix y étaient fixes, les activités privées n'y étaient tolérées que dans un cadre bien circonscrit, chacun y avait une fonction déterminée à remplir et le travail obligatoire devait y être non pas une exception, mais plutôt la règle. La plus grande partie des biens produits en Egypte étaient soumis au contrôle et à la répartition de l'Etat, surtout les denrées alimentaires. L'idéal était que tous les produits fussent rassemblés et emmagasinés dans une centrale, pour pouvoir par après être distribués à la population selon les besoins. Evidemment, ce schéma « classique » ne fut tout au plus observé qu'au début de l'Ancien Empire. Très tôt, il n'y eut plus seulement une centrale, mais aussi plusieurs centres régionaux. On y accumulait les produits des champs qui étaient ensuite redistribués. Seuls les excédents allaient encore, sous forme d'impôts, vers la centrale principale, le palais du roi sis dans la capitale. Plus tard, au Nouvel Empire, il semble que le système ait été encore davantage assoupli. A cette époque, nous voyons par exemple les fonctionnaires de la nécropole se rendre par bateau chez les différents paysans, en recevoir les céréales revenant aux travailleurs de Deir el-Médina et les emporter directement vers ce village sans stockage intermédiaire. Probablement seules les quantités étaient-elles encore signalées à l'administration centrale pour enregistrement. Par ailleurs, de plus en plus d'impôts et de taxes devaient être versés non pas en nature, mais en métal précieux (or ou argent). Le système de l'économie de redistribution avait donc été adapté aux circonstances nouvelles et régulièrement modernisé. On peut aussi le percevoir à travers l'accroissement du commerce privé, grâce auquel le système rigide de répartition étatique pouvait être corrigé au niveau des individus et satisfaire à des besoins particuliers.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007