Le voyage céleste du roi en Egypte antique

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Les Textes des Pyramides, appelés ainsi d'après le lieu où ils sont gravés, sont, à côté des tombeaux, la source la plus importante de notre connaissance de l'au-delà royal. Ils forment le premier grand corpus de textes de la littérature égyptienne. Nous avons déjà mentionné Ounas, le premier roi dans la pyramide duquel les textes ont été inscrits. Les rois Téti, Pépi Ier, Mérenré, Pépi II et Ibi, ainsi que les reines Ipout, Neith et Oudjebten suivirent cet usage. Les originaux de ces textes se trouvaient dans les archives des temples ou dans leurs bibliothèques. Pour chaque pyramide, on fit un choix de passages, ce qui explique les différences entre les divers recueils. Ce matériel, riche de 759 formules contenues dans plusieurs éditions et études, s'est encore étendu par les nouvelles trouvailles de la mission archéologique française de Saqqara, qui doivent encore être étudiées. Le thème central des Textes des Pyramides est la montée au ciel du roi défunt ou, plus précisément, la seule montée qui est comprise comme un retour au royaume du Père, le dieu Soleil. C'est et cela reste un privilège royal, même lorsque d'autres représentations de l'au-delà, à l'origine réservées au monde royal, seront introduites dans la littérature funéraire privée. Il faut distinguer de cet acte unique du retour royal le thème très apprécié dans cette littérature funéraire privée de la participation du souverain à la course du soleil. Un des textes décrit l'ascension du roi au ciel en ces termes : « Comme c'est beau de contempler, comme c'est agréable de voir, ainsi disent-ils, ainsi disent les dieux, comment ce dieu monte au ciel, comment le roi monte au ciel, sa renommée devant lui, sa terreur sur ses deux côtés, ses forces magiques devant lui. Geb a fait pour lui comme il a été fait pour lui-même. Elles viennent à lui, les âmes de Bouto et les âmes d'Hiérakonpolis, les dieux qui habitent au ciel et les dieux qui habitent sur terre. Ils t'élèvent au ciel sur leurs bras et tu montes au ciel, ô roi, et tu grimpes vers lui comme sur une échelle. Que le ciel lui soit donné, que la terre lui soit donnée. Ainsi parlait Atoum, et à cause de cela Geb lui a parlé : Les lieux de mon empire, l'empire d'Horus et l'empire de Seth, ainsi que les champs de roseaux t'honorent ». Dans ce texte, les thèmes obligés, les éléments essentiels qui reviennent constamment, concernant la montée au ciel, se voient avec une particulière netteté. Il y est question des différentes activités des dieux. Ils commentent et apprécient l'événement. Ils accueillent le roi et le saluent. Le règne céleste est transmis au roi défunt qui revient chez lui. D'autres dieux l'aident dans son ascension. Il est question d'une échelle du ciel, mais aussi d'autres moyens, par exemple une rampe ou une chaise à porteurs sont mentionnées. En plus, dans ce contexte, on parle de façon générale de l'ascension. Cet événement est présenté comme s'il s'agissait de planer ou de voler. C'est pourquoi il n'est pas rare que le roi défunt exprime le souhait de se transformer en un animal qui utilise cette façon d'évoluer, par exemple en faucon, en héron ou en sauterelle. Le caractère particulier et exceptionnel de cet acte est renforcé par la description de phénomènes naturels effrayants. Par exemple, au début de la célèbre formule cannibale 273-274 des Textes des Pyramides, qui parle de la manière inhabituelle par laquelle le roi défunt acquiert des forces magiques : « Le ciel est lourd de nuages, les étoiles s'obscurcissent, la voûte céleste tremble, les os du dieu de la terre s'entrechoquent, les mouvements s'arrêtent après avoir vu Ounas étincelant et fort comme le dieu qui vit de ses pères et qui mange ses mères ». A côté de la conception de l'au-delà céleste, d'autres thèmes sont nettement en retrait. Ainsi, on parle du séjour du roi défunt dans le pays qu'il gouvernait quand il vivait. Pour cela, la pyramide est volontiers considérée comme sa résidence posthume qui, par sa forme pointant vers le ciel, matérialise un lien impressionnant entre le monde terrestre et le monde céleste. Un autre monde de l'au-delà, le monde souterrain, est traité par contre de manière très discrète, presque avec répugnance. C'est le monde sur lequel règne Osiris. Le roi défunt de cette époque associe certains espoirs aux étoiles, en particulier l'étoile polaire et celles qui l'entourent, « celles qui ne disparaissent jamais ». Cela se marque aussi dans l'orientation des pyramides vers le nord et par le fait que la galerie d'accès au caveau est dirigée vers l'étoile polaire. Mais l'orientation est-ouest des édifices funéraires des pyramides, suivant la course du soleil, domine.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007