La Vallée des Rois en Egypte antique

Cliquez pour lire la bande dessinée de style égyptien !

Sur la construction des tombes des princes de Thèbes qui ont fondé le Nouvel Empire, on sait peu de choses. On a plutôt retourné que fouillé le sol de leur nécropole. On pense qu'à cette époque aussi la pyramide caractérisait encore le type de la tombe. Quelles étaient au début du Nouvel Empire les coutumes pour l'installation des tombes ? Nous ne savons pas très bien. Mais il est certain qu'avec la tombe de Thoutmosis Ier, la première des tombes royales de la Vallée des Rois, un tournant est pris. En effet, le lien étroit entre la tombe et le temple funéraire est désormais coupé. Le temple funéraire est séparé de la tombe ; il est construit en bordure de la zone fertile. La tombe même est dans un lieu caché. Jusqu'à la fin de la 20e dynastie, donc pendant plus de quatre siècles et demi, la vallée est le lieu des funérailles royales. Pendant ce temps, les éléments constitutifs des tombes subissent sans cesse des changements qui concernent le nombre et la grandeur des chambres, leur succession et leur structure, leur composition et leur contenu, aussi bien que la décoration des parois et des plafonds ou les dimensions, la forme et la décoration du sarcophage. Un regard sur cette évolution montre que les chambres des tombes des premiers Thoutmosides sont de forme ovale. On y descend par des escaliers et des couloirs. On remarque, comme innovation importante, que contrairement aux tombes royales du Moyen Empire, celles de la 18e à la 20e dynastie sont à nouveau décorées, au début par des peintures, ensuite par des reliefs peints. D'abord on décora seulement les parties essentielles de la tombe, et c'est pourquoi les thèmes utilisés sont limités. Des plafonds prennent l'apparence du ciel, des murs déterminés sont réservés aux représentations illustrant les actions des dieux en faveur du roi défunt. Pendant longtemps, un livre entier, l'Amdouat, servit de décoration canonique au caveau. Les couloirs d'accès au caveau étaient, au début, extrêmement irréguliers. Pendant les quelque quatre-vingts ans qui séparent Thoutmosis Ier d'Amenhotep II, ils sont devenus de plus en plus précis. Les dimensions des temples augmentent en même temps de façon considérable. Cette tendance au gigantisme ralentit sous Amenhotep IV, aussi bien pour les tombes que pour les temples. La tombe qu'il fit installer à Amarna, la nouvelle capitale, est un peu moins importante que celle de ses prédécesseurs. En plus, sa nouvelle conception du monde interdit l'emploi des thèmes canoniques utilisés depuis le début de la 18e dynastie. Ainsi, il a recours à une tradition contemporaine de décoration des tombes non royales. Ses successeurs immédiats reprennent ce style révolutionnaire avec des hésitations très perceptibles jusqu'à ce qu'Horemheb efface les traces de l'époque amarnienne et mette fin à cette césure religieuse. Les constructeurs de la tombe d'Horemheb introduisirent des changements importants, par exemple le plan rectiligne qui, à partir de ce moment, fut employé presque sans exception. La technique de décoration passe de la peinture, jusque là habituelle, au relief peint. Pour le contenu, l'abandon de l'Amdouat est remarquable. C'est le Livre des Portes qui reprend son rôle.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007