Les tombes thébaines de la Basse Epoque.

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Les tombes thébaines de la Basse Epoque se situent dans la partie nord de la nécropole. Leur étendue est bien plus considérable que celle des tombes plus anciennes. Par un pylône de briques, on accède au moyen d'un escalier à un ensemble souterrain de couloirs et de passages partiellement à ciel ouvert, qui s'étend sur plusieurs niveaux et forme de nombreux coudes. Tout au bout se trouve le caveau. La recherche à propos de ces tombes a fait de grands progrès ces dernières années. Elle était jusqu'ici entravée par le délabrement des lieux. Les tombes de Mentouemhat, le gouverneur de Haute Egypte sous Taharqa et Psammétique Ier, et celle du prophète Pétaménophis appartiennent aux imposants ensembles de la Basse Epoque à Thèbes. Comme nous l'avons déjà observé pour les tombes royales, l'époque amarnienne provoque aussi une césure dans le contenu de la décoration des tombes privées. Au début de la 18e dynastie, le contenu des représentations avait une certaine unité, même si chaque exécution avait ses variantes. Une diversité inconnue jusque-là est atteinte grâce à des couleurs plus intenses et plus délicates pour les personnages et les objets, et pour le contraste, grâce à un dessin moins conventionnel, grâce à l'échelonnement ou au recouvrement de groupes de personnages et à bien d'autres éléments encore. Les cycles décoratifs des murs de tombes concernent en général deux domaines de la vie, au premier abord séparés mais qui, cependant, sont difficiles à distinguer l'un de l'autre dans les cas particuliers. C'est d'une part le monde terrestre avec des scènes de vie quotidienne, d'autre part, le domaine de l'au-delà, avec les préparatifs à l'enterrement, l'enterrement lui-même et le séjour dans l'au-delà. Ces deux thèmes sont en principe traités séparément. La première partie de la tombe est réservée au monde terrestre ; la partie la plus intérieure à l'au-delà. Le portrait du maître de la tombe, auquel sont destinées les offrandes qu'on apporte, est placé au point de jonction des deux domaines. Souvent, il est accompagné de son épouse. Ce schéma qui revient sans cesse peut sembler monotone, mais il est toujours renouvelé avec beaucoup de fantaisie : ce qui se passe devant le propriétaire de la tombe et son épouse est très variable. A souligner encore la façon amusante et affectueuse avec laquelle des animaux sont représentés sous sa chaise. Il y a aussi les files sans fin de porteurs d'offrande et la préparation des offrandes dans tous les détails, de manière à ce que nous puissions vraiment en suivre le déroulement aux champs ou à l'atelier de l'artisan. Ce sont toutes ces scènes de la vie quotidienne dont la représentation doit assurer la vie dans l'au-delà au propriétaire de la tombe. De même, les scènes obsédantes de repas avec nourriture, boisson, musique et danse ont un double aspect, car elles rendent éternel ce repas souhaité par le propriétaire de la tombe, réuni avec ses parents encore vivants et faisant fête avec lui. Deux autres thèmes sont encore appréciés dans les tombes de cette époque : la chasse dans les fourrés de papyrus, présentée avec beaucoup de sens artistique et d'emphase, et la remise de décorations au propriétaire de la tombe par le roi. La mort et l'enterrement sont développés avec beaucoup de détails. Souvent, le rite de l'ouverture de la bouche est représenté, pratiqué sur la momie dressée. La tombe elle-même est parfois entièrement figurée en rapport avec ce rite ; le cortège funèbre est figuré dans tous ses détails, les pleureuses, les prêtres et les acolytes et surtout le mobilier de la tombe. Le pèlerinage à Abydos est volontiers repris dans le programme d'illustration, grâce à quoi le défunt peut participer aux bienfaits de ce lieu saint. Dans les tombes post-amarniennes, il y a un recul marqué des scènes de la vie terrestre. Y contribuent les scènes qui concernent la mort et l'enterrement, et d'autres sujets qui appartiennent aux thèmes de l'au-delà. Par exemple, le défunt apparaît devant des divinités de l'au-delà desquelles il obtient aide et soutien. La représentation de la secourable déesse du sycomore est appréciée ; elle nourrit le défunt, le réconforte avec de l'eau fraîche et lui procure l'ombre à laquelle il aspire. Le déesse de l'Ouest ainsi qu'Anubis apparaissent aussi. Le jugement du défunt devant Osiris, très connu par les textes et les vignettes du Livre des Morts, est aussi représenté sur les parois des tombeaux. Nous avions jadis des images montrant l'animation parfois joyeuse des travaux des champs. Maintenant, le défunt apparaît lui-même au travail. L'image a évolué et l'accent est mis autre part.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007