Les tombes privées du Moyen Empire en Egypte antique.
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Une nouvelle forme de tombe est créée, qui jouera un rôle décisif depuis ce moment jusqu'à la Basse Epoque, la tombe rupestre ou hypogée. Ses débuts sont attestés, déjà, au commencement de l'Ancien Empire, quand des fonctionnaires de l'administration provinciale en font creuser dans leur lieu d'origine en Haute Egypte. Cela prouve que le désir des fonctionnaires d'être après la mort à côté du roi n'est pas du tout général. Les plus anciennes de ces tombes prirent le plan habituel du mastaba, mais taillé dans le roc. Ainsi les monuments avaient des dimensions importantes. Le déclin économique de la fin de l'Ancien Empire amena à nouveau des constructions plus modestes. Un détail montre que le type des hypogées a aussi influencé les mastabas. La difficulté de creuser dans le roc une chambre à statues fermée de toute part, on la contourna en sculptant la statue nécessaire ou le groupe de statues en haut-relief. Les mastabas reprirent cet usage. Après une période de décadence politique, on creusa à nouveau dans le roc, sous la 10e et la 11e dynastie, des tombeaux remarquables. Les constructeurs en furent des nomarques dans beaucoup de régions de la vallée du Nil. Il y a des tombes splendides aussi sous la 12e dynastie. Malgré quelques variantes locales, il y a un modèle de base : derrière une entrée à colonnes se trouvent des salles hypostyles qui conduisent à la niche du culte. On y trouve les mêmes éléments essentiels que dans l'équipement des tombes plus anciennes, à savoir caveau, fausse porte, statue ou stèle. A cette époque, on place aussi dans l'équipement de la tombe des objets de la vie quotidienne dont le défunt aura besoin dans l'au-delà. Manger, boire, dormir, s'asseoir et se maquiller exigent un grand nombre d'ustensiles qui sont mis en quantité à la disposition du défunt. Il y a notamment des étoffes, vêtements, chaussures et beaucoup d'autres choses encore. On se soucie aussi des loisirs du défunt, comme le prouvent la présence de jeux de table, de balles, de poupées et d'instruments de musique. A toutes les époques, on donna des bateaux au défunt pour les voyages dans l'au-delà. Il y avait déjà de ces bateaux dans les plus anciennes représentations, sur les vases préhistoriques. Sont typiques de la Première Période intermédiaire et du début du Moyen Empire les maquettes d'atelier en tous genres. Elles devaient garantir aux défunts la fabrication de la nourriture nécessaire ainsi que des objets usuels. Elles remplaçaient les représentations de serviteurs que nous connaissons dans les tombes de l'Ancien Empire. Depuis cette époque, l'acte d'introduire des offrandes dans la tombe est figuré sur les murs mêmes de cette tombe. Cette même croyance dans la force magique de l'image et du texte se manifeste aussi par le fait que ce qui est nécessaire au repas funéraire est inventorié dans des listes plus ou moins développées et est également représenté sur les murs de la tombe, généralement à proximité immédiate de la table de repas. C'est, pour nous, une source inestimable pour la connaissance des éléments requis pour le culte des morts, car peu d'offrandes réelles nous sont parvenues. A la Première Période intermédiaire et au Moyen Empire, on se sert encore d'un autre moyen pour l'équipement idéal d'une tombe. Tout ce qui est souhaitable est représenté de façon très détaillée dans ce qu'on appelle les « listes d'objets ». Elles se trouvent sur les parois des cercueils et surtout sur les murs du caveau. Cet inventaire imagé est le témoignage d'une nouveauté décisive à cette époque, qui trouve d'abord son expression dans les textes funéraires contemporains et pour laquelle on a utilisé l'expression de « démocratisation de la croyance en l'au-delà ». Ce qui était à l'origine des privilèges royaux a été étendu aux particuliers ou revendiqué par ceux-ci. Ainsi, par exemple, des insignes royaux comme le pagne royal, les couronnes ou les sceptres sont représentés pour servir d'amulettes. Autre innovation, ce qu'on appelle oushebti, une autre forme de figurines de serviteurs que l'on trouve désormais dans le mobilier de la tombe. Ils seront appelés plus tard « serviteurs de leur maître ». Ce sont des petites figurines en forme de momie exécutées en cire, en bois, en terre, en pierre ou en faïence. Elles tiennent en main des outils pour la culture des champs. Sur le dos, elles portent un sac qui contenait peut-être des semences. Des figurines de ce genre se trouvent souvent en plusieurs exemplaires dans les tombes. Nous connaissons des tombes qui en contenaient un grand nombre, même, dans certains cas, 365 exemplaires, soit un pour chaque jour. Depuis la fin de l'époque qui nous intéresse ici, depuis la 13e dynastie, ces figurines portent des inscriptions. Nous connaissons le texte extrait de ce qui sera le Livre des Morts, où il constitue le chapitre six et donne des renseignements sur le but et la fonction des figurines : « Ô mon oushebti, si je suis obligé d'exécuter un quelconque travail qui doit être exécuté là-bas dans le royaume des morts, si un homme est condamné là-bas à accomplir son travail, alors tu dois t'engager à faire ce qui doit être fait là-bas, à cultiver les champs, à irriguer les rives, à transporter le sable de l'est et de l'ouest ». « Je le ferai, me voici », diras-tu. » Les statuettes sont donc des remplaçants, qui aident le défunt dans les travaux qui surviendraient dans l'au-delà.
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© Manon de Boisemont 2007