Les tombeaux royaux du Moyen Empire en Egypte antique.
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Des signes de désagrégation avaient conduit, à la fin de l'Ancien Empire, à un affaiblissement du pouvoir central et à une crise politique, économique et spirituelle. Les événements qui préparèrent et marquèrent cette évolution ont apporté de grands changements dans le domaine de la construction funéraire et ont eu aussi une influence sur les conceptions de la vie future dans l'au-delà. La littérature de cette époque en donne un témoignage éloquent. Commençons par l'architecture funéraire royale qui a gardé dans la région de l'ancienne capitale Memphis la forme de pyramide. Nous n'en avons pas conservé beaucoup de vestiges. Nous connaissons seulement une modeste pyramide de la 8e dynastie, et ce que les « rois » régnants de la 11e dynastie ont construit en Haute Egypte, à Thèbes, se rapproche plutôt des grandes tombes privées et il n'y a pas de décoration. Le fondateur du Moyen Empire, Mentouhotep Nebhépetré, a fait construire un monument très important qui n'était pas couronné par une pyramide, malgré les suppositions de jadis. Mais le plan se rattache à la double tombe royale de l'Ancien Empire et comprend dans sa partie souterraine deux tombes couloirs. Sous Amenemhat Ier, la capitale est à nouveau transférée au nord, au point de rencontre de la Haute et de la Basse Egypte, vers Memphis. Par conséquent, les sites des tombeaux se déplacent aussi. On les construira de nouveau dans la région à l'ouest de l'ancienne capitale. Lisht, Dahshour, Illahoun et Haouara sont les sites des tombes pharaoniques de cette période, qui renouent avec la tradition des pyramides de l'Ancien Empire. D'une certaine façon, Sésostris III et Amenemhat III copient la tradition de Djéser. Il n'est pas exclu que les deux ensembles funéraires disposent d'une «tombe sud ». Sésostris Ier fit construire pour sa pyramide à Lisht une rampe fermée entre le temple de la vallée, ou temple d'accueil, et le temple haut. Dans la mesure où on peut le vérifier, c'est l'avenue ouverte qui est préférée dans les autres monuments. Malgré ce retour à l'ancienne tradition, des innovations se notent dans l'architecture funéraire royale du Moyen Empire, innovations qui s'expliquent par un changement ou quelque autre nuance de la croyance en l'au-delà. Le temple funéraire subit une nette simplification. Que Sésostris III renonce à l'entrée au nord de la pyramide comme c'était l'usage jusque là n'a pas nécessairement à voir avec un rejet de la conception correspondante du séjour souhaité dans le ciel nord. Ici, l'expérience des pilleurs de tombeaux peut avoir conduit à des mesures de sécurité. Il est important de noter que l'on fait maintenant plus attention au système des couloirs souterrains. Des conceptions d'un royaume des morts qui se réfèrent à Osiris, dieu des enfers, ont eu une influence. La manière raffinée avec laquelle on ferme maintenant le caveau est cependant avant tout inspirée par la crainte du cambriolage. La nouvelle orientation de la croyance en l'au-delà se voit aussi dans le fait que Sésostris III fait construire, en plus de sa pyramide à Dahshour, une seconde tombe, un cénotaphe, dans l'ancienne Abydos. La différence la plus frappante par rapport aux monuments funéraires royaux de l'Ancien Empire, c'est que les chambres intérieures des pyramides ne sont plus décorées. De même, on cesse d'y inscrire les Textes des Pyramides. A leur place, de nombreux textes funéraires donnent maintenant l'explication des conceptions contemporaines de l'au-delà : ce sont les Textes des Cercueils.
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© Manon de Boisemont 2007