Les tombeaux privés de l'Ancien Empire en Egypte
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Jusqu'à présent, nous avons traité des tombes royales de la période la plus ancienne et de la conception de l'au-delà correspondante. Maintenant, nous devrions pour les comparer étendre notre champ de vision aux tombes non royales, donc privées, appartenant à toutes les couches de la population, du paysan au haut fonctionnaire du gouvernement. C'est plutôt difficile, car les tombes de simples paysans ou artisans, donc des citoyens qui ne sont pas au service de l'Etat, sont à peu près inconnues. Nous connaissons des cimetières de ces classes : ils sont cependant peu fouillés par rapport au nombre relativement grand des tombes fouillées des fonctionnaires importants. Nous devons être conscients de cette réalité. Ici, comme c'est le cas dans beaucoup d'autres domaines de l'héritage archéologique et épigraphique de l'ancienne Egypte, nous ne disposons, en général, que de témoignages sur une mince couche privilégiée de la population. Bien des éléments donnent à penser que ce qui nous est transmis n'est pas nécessairement représentatif de toutes les couches de la population égyptienne. D'autres éléments, en revanche, donnent l'idée que même l'homme simple avait une place précise dans la conception égyptienne du monde et que son existence dans l'au-delà était assurée sans coûteux équipement funéraire. Les tombes des couches inférieures étaient simples : une fosse ovale ou rectangulaire dans laquelle reposait le cadavre non momifié, avec des offrandes funéraires de qualité et quantité variée, par lesquelles la foi en une autre existence après la mort physique est attestée. Dans cet exposé sur l'histoire des tombes privées et de ses conceptions marquantes peuvent être exclues la préhistoire et la période thinite. Quand des fonctionnaires du début de l'Ancien Empire projetaient leur tombe, ils choisissaient la proximité de la tombe de leur souverain. Le centre du royaume égyptien unifié de ce temps était Memphis, à la jonction de la Haute et de la Basse Egypte, « la balance des deux pays », comme disaient les Egyptiens. Là, à proximité de la capitale, nous trouvons les premières grandes nécropoles : d'abord à Hélouan et, sur la rive ouest du Nil, à Saqqara, ensuite à Giza et Abousir. Le rang et l'importance du propriétaire sont décisifs pour l'implantation et les dimensions de la tombe. Cet aspect n'est pas toujours très visible dans une nécropole dans son état actuel, car les emplacements entre les tombes ont été occupés par la suite. Le type prédominant de la tombe privée pendant l'Ancien Empire a une superstructure rectangulaire, plate, aux parois latérales en pente raide, recouverte d'un parement de plaques de calcaire. Au-dessous de ce massif se trouve le caveau destiné à accueillir le sarcophage. Pour ce type de tombe, le nom de « mastaba » (de l'arabe « banc ») est devenu familier, car il a l'apparence de ces bancs de brique crue qui servent aujourd'hui encore, devant les maisons arabes, de sieges pour s'asseoir. Cela décrit ainsi la forme de base de ce type de tombeau qui unit la conception du tumulus de la Haute Egypte avec celle de la tombe-maison de la Basse Egypte. Le mastaba est le type de tombe le plus largement utilisé jusqu'à la- fin de l'Ancien Empire ; on le rencontre encore isolément dans des nécropoles du Moyen Empire, sous la 12e dynastie. Non seulement les techniques de construction sont variables, mais la répartition de l'espace dans la superstructure ainsi que les dimensions subissent aussi des modifications. La partie de la tombe la plus importante pour le mort, le lieu de l'offrande, est le plus souvent signalée à l'origine par deux niches sur la façade est. Un avant-corps en brique ou en pierre est construit devant cette partie de la tombe. Plus tard, mais encore à la 4e dynastie, cette partie cultuelle de la tombe sera reportée à l'intérieur du mastaba. Dans la forme évoluée du mastaba, on peut définir ainsi les éléments du plan. Dans la superstructure, il y a une antichambre, un hall à piliers, une chapelle de culte avec table d'offrandes et une pièce pour les statues. Dans la partie souterraine se trouve le caveau. Voilà maintenant les différents éléments essentiels de l'équipement de la tombe.
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© Manon de Boisemont 2007