Princes étrangers en Egypte.

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Les intrigues intérieures et les machinations pour le pouvoir eurent pour aboutissement que plusieurs princes s'arrogèrent le titre de roi et formèrent les 23e et 24e dynasties, parallèlement à la 22e. A cause de cela, apparemment, personne ne fit attention aux développements politiques qui se préparaient, tant dans les régions de l'extrême sud, dans le pays de Koush, que dans la Mésopotamie, développements qui allaient déterminer les événements en Egypte au 8e siècle avant J.-C. et allaient coûter aux rois libyens le trône des pharaons. L'abandon de la Nubie, accéléré par les conflits avec Panéhési, avait favorisé l'ascension d'une famille de souverains indigènes dans ce qui avait été une colonie égyptienne. Vers le milieu du 8e siècle avant J.-C., il se passa alors ce qui, suivant l'expression de Kamosis, avait déjà été dans le domaine du possible au milieu du 16e siècle : les Koushites pénétrèrent en Egypte. Kashta, puis Piyé et Shabaka, en progressant peu à peu, triomphèrent des princes libyens qui ne furent cependant chassés qu'après une résistance acharnée en Moyenne Egypte et à Memphis. Les rois d'origine nubienne auraient énergiquement refusé d'être désignés en Egypte comme des souverains étrangers, puisqu'ils manifestaient avec passion leur vénération pour Amon dont ils s'étaient approprié le culte au Gébel Barkal. L'ordre prioritaire donné aux troupes lors de leur entrée à Thèbes fut de procéder à des offrandes dans le temple de Karnak. Ils exprimèrent leur admiration pour l' Egypte, entre autres en se faisant inhumer dans des pyramides près de Napata. Ils se considéraient comme des rénovateurs de la monarchie égyptienne. C'est donc probablement le respect des traditions vénérables de l' Egypte qui a dû se traduire aussi dans le traitement plus humain de la population, comme Piyé l'exprime avec insistance :« Les gens de Memphis seront sains et saufs, aucun enfant ne pleurera une seule fois. Regarde les provinces méridionales, pas un seul habitant n'y trouva la mort, sauf les ennemis qui avaient péché contre le dieu et qui furent tués comme des rebelles ». Cependant, la domination koushite ne dura pas longtemps, parce que les Assyriens s'avançaient du nord-est vers l' Egypte et réalisaient irrésistiblement leurs aspirations à l'hégémonie universelle. La chance à la guerre changea de camp, les combats se déroulèrent en partie sur le sol palestinien où Shabataka sauva Jérusalem des Assyriens en l'an 701. Après de multiples assauts, le roi assyrien Assarhaddon arriva jusqu'à Memphis en 671 avant J.-C. Le souverain koushite Taharqa se retira vers le sud. Outre un grand nombre de statues, les Assyriens déportèrent principalement des savants et des artisans en Mésapotamie. Assarhaddon prétendait avoir reçu un accueil chaleureux à Memphis ; il se présentait comme le libérateur de la domination nubienne. Les pharaons koushites tentèrent cependant toujours de reprendre la souveraineté aux Assyriens ; la famille princière de la ville de Sais exploita ces combats pour placer l' Egypte en son pouvoir depuis les côtes méditerranéennes jusqu'à Eléphantine, grâce à une tactique habile et à l'appui de mercenaires grecs. Comme les rois koushites de la 25e dynastie n'avaient pas considéré l' Egypte comme un butin, mais avaient plutôt appliqué les anciens principes de droit et de justice, le pays vécut, hormis les pillages qu'il faut rapprocher de l'invasion assyrienne, une époque relative de stabilité et de prospérité économique. Les monuments conservés et les statues montrent qu'un retour à l'héritage artistique des périodes plus anciennes du passé égyptien allait de pair avec la sauvegarde des traditions religieuses

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007