La poésie en Egypte antique.

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« C'est la fraîcheur, lorsque tu arrives ! Viens, afin qu'hommes et bétail soient vivifiés par les dons que tu prodigues aux champs ! C'est la fraîcheur, lorsque tu arrives, ô Nil! » La poésie lyrique apparaît pour la première fois dans les formules religieuses des Textes des Pyramides. Elle se perpétue dans les grands hymnes et les chants cultuels consacrés aux dieux et aux rois. Mais le quotidien des paysans et des bergers du temps des pyramides produisait aussi sa poésie. De petits chants accompagnaient le travail et se trouvaient tellement associés à celui-ci que les tailleurs de pierre les ont indus dans les scènes des tombeaux. Il. n'y a guère de récit sans chanson ou sans poème. La métrique des vers se laisse à peine percevoir, à cause de l'absence des voyelles dans l'écriture ; la mélodie nous est aussi inconnue, car aucune notation musicale ne nous a été transmise. Dans plusieurs poésies, toutes les strophes commencent par les mêmes mots. Une particularité stylistique de la langue poétique réside dans la répétition d'une idée en des termes semblables ou synonymes. C'est ce qu'on appelle le parallélisme des termes. Il ne suffit pas au poète d'exprimer une seule fois une pensée, mais il reprend celle-ci en une seconde formulation d'aussi bonne qualité, qui constitue une sentence parallèle à la première. Dans la poésie religieuse, ce procédé stylistique tourne fréquemment au formalisme sclérosé. Les hymnes aux dieux s'épuisent la plupart du temps en litanies monotones de noms et d'allusions théologiques. Seuls quelques-uns ressortent de l'ensemble : le Grand Hymne au soleil (Aton) d'Akhénaton et l'Hymne au Nil, dont l'auteur doit avoir été ce Khéti. Il décrit en vers admirablement articulés les effets du fleuve sur la nature, les hommes et les dieux. Les chants étaient accompagnés du luth et de la harpe, d'instruments à percussion et de crécelles. Célèbre est l'image du harpiste aveugle qui chante le caractère éphémère de toutes les réalités terrestres et invite à jouir de la vie. Ce Chant du harpiste naquit dans l'atmosphère pessimiste qui régnait entre l'Ancien et le Moyen Empire. La poésie égyptienne a trouvé son expression la plus exquise dans le genre lyrique le plus récent : la poésie individuelle. Le thème en est l'amour. Ses souffrances et ses joies sont, dès cette époque, éprouvées aussi profondément qu'aujourd'hui. Les Chants de la grande amuseuse, ainsi que la tradition nomme une collection de chants d'amour de la 19e dynastie, sont des épanchements d'amants sur la beauté de l'« autre », sur les tourments d'un amour auquel on ne répond pas et sur les pleurs devant la porte fermée de l'être aimé. A l'amour est liée l'exaltation joyeuse devant la nature. La jeune fille est dans le jardin, pensant à l'amant ; chaque chant débute par un nom de fleur ; les arbres aussi peuvent parler et ils invitent à la gaieté d'une fête avec l'ami, sous leur ombre.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007