Le pillage des tombeaux en Egypte : un facteur économique

Cliquez pour lire la bande dessinée de style égyptien !

Pour les habitants de Thèbes et de Deir el-Médina, il y avait un moyen illégal, encore que très répandu, d'améliorer ses revenus : le pillage des tombeaux. Grâce à ces vols, les gens parvenaient à posséder des biens de très grande valeur, particulièrement en métal précieux, qui pouvaient être utilisés comme de l'argent. Cela constituait un énorme danger pour le fonctionnement harmonieux du commerce local intérieur. En effet, on disposait soudain de grandes quantités d'argent, tandis que les prix continuaient à rester stables. Théoriquement, les voleurs pouvaient tarir le marché local et, de cette façon, porter gravement préjudice à l'approvisionnement de leurs concitoyens. Bien sûr, de leur part, une consommation trop effrénée eût été imprudente, car elle aurait attiré sur eux l'attention des autorités. Aussi, avec une grande part du butin récupéré des tombes, on corrompait d'abord le plus grand nombre possible de fonctionnaires. Les textes le montrent d'une façon très expressive. On peut établir que l'impact de ces pratiques sur les habitudes de consommation se manifesta par une tendance à user de biens de plus grande valeur. Ainsi, un ouvrier paya un jour un vêtement particulièrement dispendieux avec de l'or (1 dében d'or valait 120 dében de cuivre) qu'il avait naturellement dérobé dans un ancien tombeau. Un autre acquit du vin et du miel à très haut prix. Jusqu'alors, le vin sucré de miel était un produit réservé aux classes riches et élevées de la population ; grâce au vol, les simples travailleurs pouvaient désormais jouir de ce luxe. Les plus hauts prix qu'on ait enregistrés pour des meubles et des cercueils datent de la fin de la 20e dynastie, c'est-à-dire de la période des grands pillages de tombeaux. Manifestement, cette évidente tendance à acquérir des produits meilleurs et plus raffinés était une conséquence de l'accroissement des « revenus » engendré par les vols dans les tombes.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007