Le règne de Pépi II
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En ce qui concerne les pays étrangers, les chefs de caravanes se montraient à la fois observateurs attentifs et habiles ambassadeurs. Parmi les nombreux témoignages à ce sujet, un des plus intéressants est l'inscription funéraire d' Hirkhouf, le nomarque d' Assouan. Il vécut la seconde partie de sa vie sous le règne de Pépi II « qui commença de régner à l'âge de six ans et continua jusqu'à sa centième année » (Manéthon). Sous son règne, l'âge d'or de l'Ancien Empire connut une fin rapide. La fin de l' Ancien Empire et la Première Période intermédiaire 7e à 11e dynasties (environ 2154 - 2040 av. J.-C.). Déjà à la fin du règne de Pépi II et plus encore dans la décennie qui suivit sa mort, le pouvoir royal n'existait plus que de nom. Ce qui atteste le maintien fictif de la dignité du Pharaon de Haute Egypte et de Basse Egypte, ce sont surtout des décrets qui protègent les temples des dieux et les temples funéraires et qui, selon l'usage ancien, sont scellés en la présence même du Pharaon. Entraînées par la routine, les annales ajoutent au nombre des dynasties une septième et une huitième. Un Pharaon de cette époque troublée, du nom d' Ibi, érigea une petite pyramide à Saqqara, mais en réalité la situation qui régnait alors dans le pays répond certainement à l'idée d'anarchie. Le système d'approvisionnement de la population, jadis si minutieusement contrôlé, s'effondra. Nous entendons parler à plusieurs reprises de famines, aggravées évidemment parfois par des crues insuffisantes du Nil, de sorte que cette image frappante pour désigner l' Egypte ancienne, « banc de sable stérile d' Apopis », l'ennemi du dieu-soleil, a dû avoir un fondement historique réel. La misère matérielle balaya alors le dernier reste de respect à l'égard des tombeaux. Les nécropoles furent pillées sur une très grande échelle. D'après la façon de saccager les temples funéraires des Pharaons et les tombeaux privés, d'après des oeuvres littéraires aussi qui ont noté les événements du temps, comme les Lamentations d' Ipouer, le Dialogue d'un désespéré avec son âme et le Conte de l'oasien plaideur, il apparaît clairement que la masse des nécessiteux ne considéraient pas le chaos comme un don des dieux, mais poursuivaient d'une haine souvent franchement personnelle ceux qui étaient rendus responsables de la situation. L'indépendance économique des fonctionnaires s'accompagna en fait d'une prise de conscience croissante d'eux-mêmes, et les conséquences de leur émancipation se révélèrent de façon particulièrement claire dans le cas de ceux qui ont le mieux réussi : les nomarques. Ces hauts fonctionnaires de l'administration provinciale, se succédant de père en fils, passèrent en quelques générations à la situation de chefs de lignées dirigeantes. Ces puissants administrateurs de nome reçurent donc le nom de « princes de nome », vu le luxe qu'ils déployaient. Depuis longtemps ils considéraient « leur » nome comme leur zone personnelle d'action et se faisaient enterrer aussi près du centre provincial et non plus dans la capitale, non sans avoir accumulé, il est vrai, une foule de titres, de fonctions et de grades envahissants. Tandis qu'ils n'hésitaient pas dans leurs inscriptions funéraires à rendre publics les événements de la Cour, comme par exemple une conspiration de harem, ils flattaient d'autre part leurs souverains par des formules éprouvées. Les rois s'étaient entre-temps dépouillés dans une large mesure de leur caractère magique et faisaient fixer par écrit dans leurs misérables pyramides les textes rituels qui devaient les protéger après la mort. Vu les ressources limitées du royaume, il est étonnant de voir se poursuivre une activité intense dans les domaines du commerce extérieur et des expéditions, activité placée après comme avant sous l'égide du pouvoir central. Les récits très détaillés des chefs d'expéditions attestent une plus grande habitude dans la résolution des problèmes techniques et diplomatiques. Des statues colossales et des colonnes en granit rose d'Assouan étaient transportées comme par jeu - semble-t-il - sur l'eau et sur terre. En ce qui concerne les pays étrangers, les chefs de caravanes se montraient à la fois observateurs attentifs et habiles ambassadeurs. Parmi les nombreux témoignages à ce sujet, un des plus intéressants est l'inscription funéraire d'Hirkhouf, le nomarque d'Assouan. Il vécut la seconde partie de sa vie sous le règne de Pépi II « qui commença de régner à l'âge de six ans et continua jusqu'à sa centième année » (Manéthon). Sous son règne, l'âge d'or de l'Ancien Empire connut une fin rapide.
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© Manon de Boisemont 2007