Le rôle central des paysans en Egypte

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Après les semailles, hommes et femmes prodiguaient ensemble leurs soins aux champs. En général, les hommes se chargeaient des travaux physiquement les plus lourds, comme la construction des systèmes d'irrigation. Il existait donc une division du travail entre les sexes, comme cela se remarque aussi dans d'autres civilisations. La récolte incombait essentiellement aux hommes, tandis que les femmes glanaient les épis et d'autres produits des champs. Les méthodes de travail étaient fort simples et ne subirent aucune modification importante jusqu'à la conquête grecque. Après la récolte, les paysans transportaient les épis sur l'aire, où ils étaient dépiqués par des bœufs. Lorsque la balle avait été séparée du grain, celui-ci était placé dans des sacs et convoyé par bateau vers des granges appropriées. Là, les fonctionnaires en contrôlaient en premier lieu la quantité. Puis, le grain était ensilé jusqu'au moment où on devait le confier à la meule pour la suite du traitement. Les semences pour l'année suivante étaient mises de côté par les agents des entrepôts. A l'époque des semailles, elles étaient réparties entre les paysans en fonction de la superficie de leurs champs respectifs. Toutes ces opérations étaient menées à bien par plusieurs personnes travaillant de concert : ainsi vivait-on ce qu'on pourrait appeler une « coopération naturelle ». Chaque phase du travail était surveillée par les fonctionnaires compétents qui consignaient dans de longues listes le rendement de l'équipe et de chacun en particulier. Dans l'ancienne Egypte, les paysans et les artisans devaient atteindre des normes de production préétablies. Une des préoccupations importantes du fonctionnaire contrôleur était de veiller à ce que les normes soient dépassées dans le secteur dont il avait la charge, de façon à pouvoir livrer à la centrale plus qu'il n'était requis. Par-là, il était certain de s'attirer les bonnes grâces de son supérieur, voire du roi, même si pour cela les paysans étaient frustrés du produit de leur travail. Le travail communautaire était également habituel dans d'autres domaines de la production agroalimentaire. En ce qui concerne la pêche, à côté des méthodes courantes comme la pêche à la ligne ou au filet, la capture des poissons à la seine est aussi attestée. Elle exigeait la coopération de nombreux pêcheurs, mais elle permettait des prises de loin plus fructueuses. Le poisson était la nourriture principale, particulièrement des gens du commun, car la viande était si chère qu'on n'en distribuait au peuple qu'en de rares occasions. Outre les paysans et les pêcheurs, il y eut très tôt en Egypte tout un éventail de métiers spécialisés dans la production de denrées alimentaires.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007