Le panthéon égyptien
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Les différentes fonctions divines étaient largement transférables, ce qui simplifiait considérablement les rapports entre l'individu et le monde des dieux : le croyant avait la possibilité de constituer ou d'agrandir « son » panthéon selon ses goûts ou son éducation. En Egypte, les prêtres érudits devaient sans cesse réétudier la nature, l'activité et les différents aspects des divinités. Ce n'est pas par hasard que l'Egypte, influencée plus tard par l'esprit spéculateur des Grecs, est devenue la mère patrie de la théologie. A l'époque paléochrétienne, les controverses dogmatiques sur la nature du Christ, sur la relation entre Dieu le Père et Dieu le Fils, ainsi que la maternité divine de Marie, ont eu leur origine en Egypte. L'une de ces thèses a donné naissance au monophysisme et a provoqué la séparation de l'église copte. Toutes ces discussions théologiques, les croyants du 20e siècle avant Jésus-Christ n'ont pas pu mieux les suivre que les croyants du 20e siècle après Jésus-Christ. Le terme égyptien pour dieu est netjer, rendu depuis toujours par le hiéroglyphe 1. Ce signe ressemble à un bâton en forme de hache enveloppée d'un tissu ou d'une peau. Il s'agit peut-être d'un fétiche archaïque, d'un sceptre. Le déterminatif du mot est soit un faucon dressé sur un pavois, soit souvent aussi, depuis le Nouvel Empire, une figure accroupie portant la barbe divine. Le terme « dieu » est aussi utilisé occasionnellement dans un sens général, sans qu'on se réfère pour autant à une notion de monothéisme. Titre abstrait, netjer peut toujours être attribué à toute divinité concrète. Dans les mains, les dieux tiennent le signe ankh (Vie) et souvent également le sceptre ouas (Puissance), symboles de la force vitale des dieux. Les attributs spécifiques relatifs à l'activité ou à la nature du dieu sont portés sur la tête ou au lieu de la tête. Les couronnes divines par contre n'appartiennent pas à une divinité bien précise ; elles sont interchangeables et peuvent même être combinées. A partir de la 19e dynastie, les couronnes composites ont des formes de plus en plus compliquées ; elles contiennent une quantité d'allusions et de citations indiquant simplement les multiples activités et capacités de la divinité concernée. De même, les épithètes divines augmentent en nombre. Non seulement, elles servent aux louanges hymniques, mais elles disposent d'une réelle efficacité.
| L'agriculture en egypte | |||
© Manon de Boisemont 2007