La période paléolithique de l' Egypte
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En Egypte antique la période du paléolithique est estimée de - 500 000 ans à - 10 000 ans . Le peuplement de l' Egypte ancienne à l' époque paléolithique est difficile à connaître. Les premières traces d'occupation humaine apparaissent 100 000 ans avant notre ère et les premiers outils sont datés, eux, de – 18.000 ans. Vers – 25.000 ans, une période de grande sécheresse repousse les populations nomades vers les bords humides du Nil, véritable bande fertile et verte à travers le désert. Les hommes pratiquent la chasse et la cueillette en se déplaçant le long du Nil. L' Egypte et la Mésopotamie sont les germes d'où sont sorties les grandes civilisations orientales. Dans les territoires limitrophes ou plus éloignés de l'ancien monde, une longue suite de cultures précède la période historique. Les âges de la pierre, du cuivre, du bronze et du fer marquent les étapes technologiques qui se propageront en Europe centrale jusqu'à l'ère chrétienne, sans que cela aboutisse à la création de civilisations urbaines. L' Egypte, elle, au début de l'âge des métaux, se trouve déjà au seuil de la civilisation. L'époque préhistorique ne comprend donc ici que les phases de développement des âges de la pierre et du cuivre. Le Paléolithique Chasseurs et ramasseurs. Le peuplement de l' Egypte à l'époque paléolithique est difficile à connaître. A vrai dire, on a découvert de nombreux objets de cette époque, mais ils ont été pour la plupart ramassés en surface. La stratigraphie qui, dans les régions avoisinantes de la Méditerranée orientale, permet une subdivision du Paléolithique en de nombreuses phases de développement est inconnue en Egypte ou n'a pas été jusqu'à présent prise en considération. On n'est pas encore parvenu à établir de façon convaincante des synchronismes entre les différentes terrasses du Nil - très typiques surtout en Moyenne et Haute Egypte, avec leurs dépôts caractéristiques - et les événements climatiques de l'époque glaciaire en Europe. Une comparaison directe des découvertes paléolithiques en Egypte avec celles des régions mieux étudiées révèle toutefois que le Paléolithique de la vallée du Nil suit dans ses grands traits les lignes du développement du continent européen. Ainsi, des industries de bifaces, qui appartiennent à la phase acheuléenne du Paléolithique ancien (d'après le site de Saint-Acheul, près d'Amiens), ont été découvertes surtout en Nubie et dans quelques oasis occidentales. Au Paléolithique moyen et, ici aussi, principalement dans les sites nubiens, nous distinguons le Moustérien, l'Atérien et le Khormousien (d'après les sites du Moustier dans le sud-ouest de la France, de Bir el-Ater en Algérie et de Khormous en Nubie). La dizaine de millénaires précédant la « néolithisation » de l'Afrique du Nord est connue par de nombreux sites de Haute Egypte et de Nubie. Dans les cultures du Paléolithique récent, on a pu distinguer de nombreuses variétés selon le temps et le lieu. Au seuil de l'économie productrice du Néolithique, les cultures épipaléolithiques terminent l'époque des chasseurs et des ramasseurs. Ce sont en Basse Nubie le Shamarkien et l'Abkien (d'après les sites nubiens de Shamarki et d'Abka) ; en Haute Egypte, l'Elkabien (d'Elkab) ; dans le Fayoum, le Qarounien (d'après le lac Qaroun ) dit aussi Fayoum B. En même temps naissait déjà, en Basse Egypte, un Néolithique précéramique de caractère sud-ouest asiatique, qui n'est connu jusqu'ici que par le site d'Hélouan près du Caire. La nourriture de base des hommes du Paléolithique d'Afrique du Nord était faite en premier lieu de gibier des steppes et des savanes, antilopes et gazelles, bœufs et ânes sauvages, mais aussi d'espèces d'Afrique tropicale aujourd'hui disparues au nord du Sahara, comme l'éléphant africain, le rhinocéros, le zèbre et le bubale cafre - ainsi que le cerf géant, un intrus venu de l'époque paléo-arctique. En outre, on pratiquait déjà dans la vallée du Nil la chasse à l'hippopotame et aux oiseaux aquatiques, ainsi que la pêche. Au Paléolithique plus récent, la cueillette de plantes sauvages est aussi attestée. Jusqu'à présent, on n'a mené que peu de fouilles dans les sites paléolithiques de la vallée du Nil. C'est pourquoi n'est au fond connu du Paléolithique égyptien que ce qui est impérissable, principalement les outils de pierre qui se sont conservés en surface dans les innombrables sites. Les divers produits des arts mineurs, comme ils s'offrent à nous dans les sculptures en os et en ivoire du Paléolithique récent européen, sont toujours inconnus dans la vallée du Nil, tout comme la peinture rupestre dans les grottes.
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© Manon de Boisemont 2007