L'hygiène, les cosmétiques et la parure en Egypte antique.
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Les soins corporels et l'hygiène, du moins dans les plus hautes couches de la société, ne jouaient certainement pas un rôle secondaire. On faisait ses ablutions régulièrement, le matin, avant les repas et naturellement pour remplir les devoirs du culte. Se laver la bouche, se curer les ongles des pieds et entretenir ses cheveux faisait également partie des soins corporels quotidiens. Dès la 2e dynastie, l'usage du bain pour la propreté physique est attesté. Il semble même que la douche ait été connue : on utilisait pour cela un tamis ou une corbeille. Le plus souvent, sans doute, on prenait son bain dans le Nil ou dans les étangs, mais les demeures raffinées disposaient d'un bain privé avec toilettes. Ainsi, dans l'agglomération d'ouvriers de Kahoun, il y a déjà un bain à côté de la chambre à coucher. Les maisons des fonctionnaires à Tell el-Amarna avaient, elles aussi une salle de bains avec une baignoire enfoncée dans le sol et des toilettes séparées par un mur. La présence de salles de bains dans les palais royaux de l'Ancien Empire est confirmée par le titre de fonction « directeur de la salle de bains ». Les bains publics, en revanche, étaient inconnus. Le maquillage, qui remonte à la préhistoire, occupait une part considérable des soins corporels journaliers de l'homme et de la femme. Les « palettes à fard », connues en tant que pièces de mobilier funéraire depuis l'époque de Mérimdé jusqu'au début des temps historiques - ce sont des plaques rectangulaires, ovales, en forme de bouclier ou d'animal, la plupart en schiste chlorité - servaient à broyer le fard destiné principalement aux yeux. Ces palettes étaient donc à l'origine des objets usuels de la vie courante : des traces d'usure manifestes indiquent qu'on les utilisait fréquemment. Mais, parallèlement, elles avaient une fonction cultuelle et rituelle, qui apparaît dans la forme artistique conférée à celles que l'on appelle les « palettes d'apparat ». Outre son rôle de cosmétique - le fard sur les paupières et les sourcils, par exemple, mettait en valeur les yeux - le maquillage peut être aussi envisagé comme un moyen de protéger les yeux contre les maladies. En revanche, le maquillage des joues et des lèvres n'est guère attesté. Outre le vêtement et les cosmétiques, la coiffure et les parures avaient également un rôle marquant dans l'apparence de la femme égyptienne. La perruque, surtout à titre d'élément de l'habit des fonctionnaires ou du cercle de la Cour, prenait une importance particulière : il est d'ailleurs rarement possible de la distinguer des représentations de coiffures naturelles. Les deux types principaux de coiffures masculines, artificielles y compris, étaient la perruque à courtes boucles en dégradé et la perruque à longues mèches de cheveux tombant du crâne jusque sur les épaules. La mode fit naître sous la 18e dynastie de nouvelles formes, dont une perruque mêlant petites boucles et mèches lisses, qui convenait au mieux au train de vie courtois et frivole de cette époque. Quant à la coiffure féminine, si sous l'Ancien Empire elle descendait en deux épaisses mèches sur la poitrine, type qui se maintint avec quelques légères modifications jusqu'au Nouvel Empire, une série de nouvelles coiffures devinrent en vogue au milieu de la 18e dynastie. La parure jouait aussi un rôle très considérable chez les Egyptiens. Sa fonction originelle était très proche de celle des amulettes : préserver leur porteur de la maladie et des autres dangers. Pour protéger individuellement chaque partie du corps, on portait serre-tête et diadèmes, colliers, bracelets et anneaux, bracelets de pied et ceintures. Il y a aussi des bagues et des boucles d'oreille attestées depuis l'époque Hyksos, ce qui fait supposer ici l'intervention d'une influence étrangère. Ce sont presque exclusivement les trouvailles dans les tombes et les représentations sur les peintures funéraires qui nous renseignent sur la parure égyptienne. Cela s'explique par le fait que l'on aspirait aussi à porter des bijoux dans l'au-delà où l'on voulait prolonger toutes les habitudes de vie de ce monde-ci. Dans certains cas pourtant, on a la preuve que certaines pièces ornementales n'avaient été conçues et fabriquées que pour une utilisation post mortem ou pour figurer dans un mobilier funéraire. Il en va ainsi, par exemple, pour les gaines en or enfilées aux doigts ou aux pieds, ou les scarabées placés sur le cœur et couverts d'inscriptions reproduisant des extraits du Livre des Morts, pour s'assurer que le cœur, conçu comme le siège du libre-arbitre chez l'homme, ne fasse dans l'au-delà aucune déclaration qui pourrait nuire au mort. En outre, le scarabée était un symbole de genèse et de renaissance dans l'au-delà, nécessaire donc de ce fait à l'existence future du défunt et à la résurrection à laquelle il aspirait.
| L'agriculture en egypte | |||
© Manon de Boisemont 2007