Ramsès et les Hittites.

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Le généralissime Paramessou dirigea le royaume sous le nom de Ramsès Ier et il était déjà âgé. Il ne régna que fort peu de temps, mais prépara son fils Séthi à lui succéder dans tous les domaines. De la préférence accordée par la nouvelle maison royale au dieu Seth, en l'honneur duquel une fête fut célébrée pour le 400e anniversaire de son culte dans le Delta oriental, on déduit que les Ramsès étaient une famille d'origine sémitique établie depuis longtemps en Egypte. Seth avait le caractère d'une puissance aimant le combat qui s'exprimait aussi par son contrôle sur les éléments naturels destructeurs. On associait Seth à Baal, le dieu sémitique de la tempête. Afin de s'allier les petits Etats d'Asie antérieure et de reconquérir ceux qui avaient fait défection, surtout afin d'établir l'ordre dans la région palestino-libanaise où quelques vassaux ne voulaient « rien entendre des consignes du palais »; aussitôt arrivé au pouvoir, Séthi 1er mena une campagne très efficace au cours de laquelle il conquit notamment Qadesh qui devait devenir très célèbre plus tard. L'empire hittite ne s'était pas encore remis de la saignée de l'épidémie. Mais il avait retrouvé ses forces quand, après les quinze années du règne couronné de succès de Séthi, son fils et co-régent Ramsès II monta sur le trône. Lors d'une première démonstration de puissance faite par ce roi en Asie, l'Amourrou passa dans le camp égyptien, événement qui encouragea Ramsès II à envisager une nouvelle tentative de reconquérir d'autres territoires au-delà de l'Oronte et même de se mesurer avec les Hittites. Mais à Qadesh, qui déjà avait de nouveau abandonné l' Egypte, le pharaon manqua d'informations et se laissa tromper par une fausse nouvelle répandue à dessein par l'ennemi. Lui-même se trouva ainsi dans une situation fâcheuse. Séparé de ses soldats et encerclé par les Hittites et leurs alliés, il ne reçut l'aide que du seul et unique Amon-Rê qui lui donna la force de vaincre les foules d'ennemis. Dans l'ensemble, l'armée égyptienne ne tira aucune gloire de l'issue de la bataille de Qadesh. Au cours de sa retraite, elle fut poursuivie par les Hittites jusque dans les environs de l'actuelle Damas. Néanmoins, le thème de la « bataille de Qadesh », modifié à plusieurs reprises dans l'illustration et le texte, fut pendant des années cher à Ramsès II qui, à en juger d'après les restes archéologiques, doit être considéré comme le plus grand bâtisseur dans l'histoire égyptienne. Après son retour dans sa nouvelle capitale, la Ville de Ramsès près de Qantir, il ordonna de mettre l'événement par écrit sur papyrus et sur les murs de temple, à l'intention des gens. Il avait besoin, naturellement, de temps pour la réalisation de ses nombreux projets de construction mais, avec son règne de 66 ans, ce temps lui fut accordé. On peut étudier les variantes du récit militaire présenté de façon si originale à Abou Simbel, Louxor, Karnak et Abydos. On a récemment émis l'opinion qu'on n'aurait pas représenté un véritable guerrier dans la figure colossale du roi se tenant sur son char lancé à toute allure. Le panorama de Qadesh aurait plutôt servi à Ramsès II pour répandre l'idée d'un traité de paix avec les Hittites, traité qui fut effectivement conclu pendant la 21e année de son règne. En d'autres termes : la description du choix du roi par Amon, son sauvetage hors du plus grand danger et le comportement honteux de l'armée, proclamés en images et en textes sur les pylônes et murs d'enceinte, devait briser l'opposition que l'armée faisait à une réconciliation avec les Hittites, puisqu'on avait mis les mots suivants dans la bouche des militaires : « Nous ne voyons aucune objection à faire la paix pour autant que ce soit toi (le roi) qui la conclues ». Ramsès II tenta de renforcer sa position dans la négociation par quelques autres campagnes. Dans ces efforts pour faire la paix, la décision fut finalement forcée par l'ascension de l'Assyrie, menaçante pour les Hittites, et par le début de l'invasion des Peuples de la Mer. On en vint donc à un traité de paix et d'assistance qui reconnaissait les zones d'intérêt respectives en Palestine et en Syrie et que les liens dynastiques entre les deux cours renforcèrent. Trente ans environ après les hostilités, la première des deux princesses hittites que Ramsès II épousa arriva dans la Ville de Ramsès

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007