La reine Hétep-Héres
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C'est seulement vers la fin de l' Ancien Empire d' Egypte que la Nubie se remit des souffrances que son puissant voisin lui avait infligées. Snéfrou put certes léguer une richesse considérable à ses nombreux descendants, Pharaons et princes, comme le prouvent les pyramides, les tombeaux rupestres et les mastabas. En effet, sous l'immense monument, deux temples richement décorés sont reliés entre eux par une chaussée privée couverte de bas reliefs. En haut, vers la face orientale de la pyramide, il y avait des temples qui servaient aux cultes funéraires. En bas, à la lisière de la Vallée, étaient réceptionnés des cortèges pour lesquels des bassins d'accostage étaient construits. Ceux-ci servaient aussi préalablement à la réception des blocs de pierres durant la construction de la tombe. Une enceinte entourait la pyramide et de nombreux objets de tailles importantes y étaient entreposés dans des caveaux. Les équipements funéraires coûteux, comme celui du tombeau d' Hétep-Hérès, donnent une idée du luxe dans lequel les gens favorisés et les nantis d'alors ont vécu. La découverte du trésor de cette reine d' Egypte montra, il est vrai, que tous les subordonnés ne croyaient pas à la valeur religieuse de ces dépenses funéraires ni ne croyaient à la vengeance des morts. En 1925, on découvrit dans une chambre creusée à environ trente mètres de profondeur dans le roc, près de l'allée menant au temple funéraire de Khéops (Chéops) l'équipement funéraire d'une femme de la maison royale. Les décors appliqués, composés en partie de hiéroglyphes, et les pièces d'incrustation purent être regroupés en titres et noms. Il en résulta qu'il s'agissait d' Hétep-Hérès, l'épouse de Snéfrou et la mère de Khéops. Mais il apparut aussi, de façon tout à fait certaine, que la chambre, construite volontairement de façon à être invisible de l'extérieur, ne pouvait avoir été le lieu originel d'inhumation de la reine, parce que le sarcophage en albâtre, muni de sceaux intacts de Khéops, était vide alors qu'on avait trouvé les viscères conservés dans leurs vases en albâtre. La véritable tombe de la reine, située très vraisemblablement à Dachour, dans les environs de la pyramide de son époux, avait dû manifestement être pillée. On déroba aussi sans doute la momie et ses précieux bijoux. Les archéologues supposèrent que le vizir Hémiounou ordonna le transfert du mobilier funéraire vers cette cachette, dans le voisinage immédiat de la pyramide de Khéops, en cours de construction, et qu'il laissa sans doute le Pharaon dans l'ignorance de la disparition de la momie. Quoiqu'il en soit, le sort posthume d' Hétep-Hérès prouve qu'alors déjà l'autorité royale ne pouvait rien faire contre les pillards, et que l' Egypte ancienne n'était pas un Etat parfaitement contrôlé. Les divergences dans les listes royales portent à croire que les descendants de Khéops se disputèrent le trône. Son successeur immédiat fut Djédéfrê qui commença à édifier une pyramide, restée d'ailleurs inachevée, à Abou Roach, au nord de Guizèh . Son frère Khephren lui succéda et voulut manifestement affirmer la légitimité de ses prétentions au trône en faisant élever sa pyramide à proximité de celle de son père. Des querelles durent à nouveau éclater entre les fils de Djédéfrê et de Khephren. Mykérinos, le fils de Khephren, en sortit victorieux. Mais il se produisit finalement un événement transmis par un texte littéraire aux traits légendaires, écrit quelque mille ans après les faits : une nouvelle dynastie accéda au trône. Le Papyrus Westcar, appelé ainsi du nom de son premier propriétaire, contient une série d'histoires racontées par les fils de Khéops. Les princes content d'abord des histoires fantastiques du passé. Toutefois, Djédefhor qui avait, dit-on, un goût particulier pour la littérature et passe pour avoir rédigé une sagesse, promit à son père des prodiges d'un magicien encore en vie. Ce magicien prédit alors au Pharaon que deux générations après lui les fils du dieu-soleil Rê, des triplés de la femme d'un prêtre de Rê, accéderaient au pouvoir. La mère des deux - ou trois - premiers Pharaons de la 5e dynastie était une reine appelée Khentkaous, dont l'origine et la place exacte dans l'histoire ne sont pas encore parfaitement élucidées. Dans le récit du Papyrus Westcar, c'est surtout le rôle du dieu-soleil qui est significatif. Rê, l'incarnation divine de l'astre, fut de toute évidence déjà sous Ouserkaf, le premier Pharaon de la 5e dynastie, l'objet d'une nette préférence.
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© Manon de Boisemont 2007