Des guides pour l'au-delà en Egypte antique

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Au début de la 18e dynastie, nous abordons une nouvelle littérature funéraire royale. Elle sera pendant toute une époque, à une exception près, un privilège royal, comme c'était déjà le cas pour les anciens Textes de Pyramides. Plus tard, à la suite d'une nouvelle « démocratisation », les textes et les représentations ici utilisés furent également mis à la disposition des défunts non royaux, sur leurs cercueils ou sur des papyrus. La littérature funéraire privée de cette époque est surtout représentée par le Livre des Morts, que nous examinerons de plus près par la suite. Il faut mettre en évidence dès le début une très grande différence entre deux genres de textes. Le Livre des Morts, semblable en cela aux Textes des Cercueils, avec lesquels il a de toute façon des liens étroits, offre au défunt une aide concrète pour éviter les êtres, les lieux et les situations dangereux et pour obtenir des avantages concernant le séjour dans l'au-delà, cela grâce à des métamorphoses. A part cela, les « Livres de l'au-delà », ou « Livres du monde souterrain », ne donnent pas d'explications à un utilisateur potentiel. Ils décrivent seulement avec précision un événement et les circonstances qui l'accompagnent. Au centre de ce rapport, il y a la description de la course du soleil pendant la nuit :« Séjourner par la majesté de ce grand dieu près des cavernes des dieux mystérieux qui sont sur leur sable. Il leur donne ses instructions depuis sa barque, à ses dieux qui le tirent dans cet endroit sous la forme inaccessible du serpent à anneaux ». Le nom de la porte de cet endroit est : « Celui qui se tient debout sans devenir fatigué ». Le nom de l'endroit est :« Sarcophage de leurs dieux ». Le nom de l'heure de la nuit qui escorte le grand dieu est :« Souveraine de la nuit profonde ». Dans ces textes, la nuit est divisée en douze heures, à la fois en mots et en images. La structure de l'illustration comporte trois registres superposés. Dans le registre central se déplace le dieu Soleil dans sa barque ; les deux autres registres montrent sa suite. Le soleil, symbole de renouveau, de rajeunissement et de renaissance, domine cette relation imagée. Pour les Egyptiens, ce qui est important c'est la subdivision de la nuit, l'isolement de chaque heure en section distincte délimitée par des portes. Important donc, car par cette séparation est créé l'ordre que l'Egyptien a reconnu comme condition de la vie. Ces moyens de représentation matérialisent la description des stations du voyage nocturne du soleil et en font ainsi un guide rassurant et une aide pour la mort. Un équipage divin accompagne le dieu Soleil dans son dangereux voyage nocturne, l'aide à éviter dans sa navigation les régions redoutables et veille à l'heureuse issue qui est son rajeunissement. Quantité de représentations et de déclarations concernent cet événement. Il est question de passer à travers, ou encore qu'à la fin du voyage nocturne le soleil s'élève à nouveau dans le ciel. La représentation du Ba - déjà mentionnée - joue aussi un rôle central. Non seulement parce que c'est dans sa forme de Ba que le mort veut accompagner le dieu Soleil dans sa course nocturne pour pouvoir réaliser l'union avec son cadavre, mais encore parce que le dieu Soleil aussi peut être imaginé se présentant dans cette forme dans le but de s'unir à son cadavre. La dangereuse, mais finalement triomphale, défense contre le serpent Apopis est sans cesse décrite dans les livres du monde souterrain, mais pas seulement dans ceux-ci. Un autre-thème très répandu est l'anéantissement des damnés qui sont hors de l'ordre établi, qui ne vivent plus, qui sont morts à jamais, les « non existants ». D'autant plus rayonnante se dresse la doctrine du salut, basée sur le dieu Soleil, dont la mission est de veiller à tout point de vue sur les justifiés, de contribuer à leur union avec Osiris et d'obtenir leur rajeunissement quotidien. A côté, il y a encore la conception incarnée par deux divinités féminines, l'Ouest divinisé, Amentet, et la déesse du ciel, Nout. Le dieu Soleil est aussi lié à celles-ci. La déesse de l'Ouest accueille le vieux dieu Soleil au soir pour préparer sa nouvelle naissance. Et Nout, qui est représentée comme une déesse nue, avale le soleil chaque soir et le ré-enfante chaque matin. C'est cette dernière qui est l'objet des représentations tardives sur les plafonds des tombes. Là, ce n'est pas seulement un souhait royal de renaissance qui est exprimé. Le couvercle du cercueil, le cercueil lui-même et la tombe peuvent être désignés comme Nout ; chaque mort essaie de devenir pareil au soleil et de reparaître rajeuni chaque matin.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007