Les grandes batailles en Egypte ancienne.
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Nos informations les plus détaillées portent sur la bataille de Qadesh, au cours de la deuxième campagne de Ramsès II. Le récit de cette bataille s'est transmis de multiples manières, aussi bien dans les textes que dans des compositions figuratives monumentales qui, à quelques variantes près, ont été répétées sur d'énormes surfaces - murs ou pylônes - à Abou Simbel, à Karnak, à Louxor, au Ramesseum et même à Abydos. Ramsès II lança sa campagne en l'an 5 de son règne. Partant de sa capitale Pi-ramsès, « Ville de Ramsès », située dans le Delta oriental, il marcha d'abord vers le nord, dans le but de rencontrer le plus loin possible au septentrion l'armée hittite passée à l'attaque. Dans ce conflit, c'est surtout la ville de Qadesh, qui avait fait défection aux Egyptiens, qui devint une position clé. Par suite d'une ruse de guerre hittite, Ramsès II supposa que ses adversaires s'étaient repliés jusqu'à Alep et voulut pousser au nord, au-delà de Qadesh, sans précautions. C'est par des espions hittites capturés qu'il apprit que le roi Mouwattali s'était posté avec ses troupes derrière Qadesh. Tandis qu'on s'efforçait de faire venir la troisième et la quatrième division - qui formaient l'arrière-garde plus au sud, relativement loin derrière - la vague des chars de guerre hittites, qui d'après des chiffres égyptiens s'élevaient à 2 500 équipages, déferla sur les deux premières divisions. Le camp de la division d'Amon et la moitié de la division de Rê furent coupés des autres bataillons. Du côté égyptien, la surprise fut grande. C'est ce qu'exprime très clairement la description déjà mentionnée de la bataille de Qadesh : « Alors que Sa Majesté était encore assise au conseil de guerre, avec les commandants, le vil chef de Khéta était déjà arrivé avec son infanterie et sa « charrerie », et les nombreux peuples étrangers qui étaient avec lui. Ils traversèrent le gué au sud de Qadesh et chargèrent l'armée de Sa Majesté alors qu'elle marchait et ne s'y attendait pas. Alors, l'infanterie et la « charrerie » de Sa Majesté s'enfuirent devant eux vers le nord, où se tenait Sa Majesté. Alors la multitude de l'ennemi Khéta encercla les courtisans de Sa Majesté, qui étaient à ses côtés ». Tandis que l'armée égyptienne, à la vue des Hittites, cède à la panique et prend la fuite, Ramsès II, soutenu par le dieu Amon, qui lui insuffle des forces surhumaines, réussit à s'échapper :« Ce n'est pas un homme, qui est parmi nous ; c'est Seth, grand de force, Baal en personne. Les actes qu'il accomplit ne sont pas ceux d'un homme, ce sont ceux d'un être unique, qui combat une centaine de mille, sans soldats ni chars ; fuyons vite devant lui, pour sauver notre vie afin de respirer l'air ». Voici donc comment les ennemis hittites vécurent l'intervention du roi, tout au moins à en croire la version des textes de propagande égyptiens. Nous avons déjà parlé du traité de paix hittito-égyptien qui suivit ce combat. C'est encore un bas-relief gigantesque gravé sur le temple funéraire de Ramsès III à Médinet Habou qui nous renseigne sur la deuxième grande bataille de l'histoire égyptienne, celle qui permit de repousser les « Peuples de la Mer » et qui eut lieu près des bouches du Nil. Dans les scènes exécutées la huitième année du règne de Ramsès III, on remarque particulièrement les Philistins, reconnaissables à leurs couronnes de plumes, leurs boucliers ronds, leurs cuirasses à écailles et leurs pagnes à pompons. Comme eux, les Shardanes combattent sur des navires à proues et poupes surélevées, ornées de têtes d'oies. Le rejet ainsi obtenu des Peuples de la Mer fut en même temps la dernière épreuve soutenue victorieusement par l'Egypte, si l'on pense aux dominations étrangères qui s'imposèrent dans les derniers siècles. Libyens et Ethiopiens, Assyriens et Perses, Grecs et Romains, pour finir par les grandes religions chrétienne et islamique devaient définitivement bouleverser cette suprématie défendue d'abord avec tant de succès.
| L'agriculture en egypte | |||
© Manon de Boisemont 2007