Géologie de l'Egypte
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Le sous-sol en Egypte : L'histoire de la géologie de l' Egypte se lit à travers les matériaux utilisés par les égyptiens pour bâtir leurs monuments et les décorer de statues et de sculptures. Ainsi la géologie n'a plus de secrets. Les pyramides sont faites de bloc calcaire à base de fossiles du nummulitique, roche sédimentaire, l'obélisque de Louxor est taillé dans du granit, roche magmatique. Le Nil au cour de son histoire a formé de nombreuses terrasses alluviales fertiles. Ainsi le climat et la géologie de l' Egypte, la topographie des environs, le Nil, tous unis, ont donné l'élan indispensable à la création d'une des plus raffinées et des plus légendaires civilisations humaines : l' Egypte ancienne. Le Nil actuel coule sur d'importantes couches de sédiments et de galets superposées depuis des millions d'années. Jadis, son précurseur a sans doute drainé essentiellement les hautes montagnes de l'actuel désert oriental, déjà dans la même direction du nord. Le soulèvement qui survint là au tertiaire supérieur, voici quelque 40 millions d'années, fut si puissant qu'après l'érosion des couches rocheuses supérieures du sud du Sinaï, dans le désert oriental et en amont d'Assouan, les roches du vieux socle africain apparurent au jour. Il s'agissait de couches cristallines du pré-cambrien, hautement métamorphiques, et aussi d'affleurements de magma (granit), de basalte, témoins d'un volcanisme très ancien. Elles ont fourni à la vieille Egypte les matériaux de grande qualité pour ses ouvrages d'art ainsi que des métaux précieux et non ferreux. A l'opposé du désert oriental, celui de l'occident n'a subi qu'un léger soulèvement, de sorte que les plus jeunes strates reposant sur le socle sont conservées et sont simplement un peu inclinées vers le nord. Là où la météorisation a effrité les couches dures, d'importants gradins escarpés se sont formés et la surface solide de cette masse stratifiée forme de vastes plateaux. Dans cette contrée, il n'est pas évident que le Nil ait produit un drainage substantiel. Au Miocène supérieur, il y a 6 à 7 millions d'années, un premier Nil se creusa une gigantesque vallée encaissée, qu'on pourrait comparer au Grand Canon nord-américain et qui s'ouvrait sur la cuvette de la Méditerranée, encore largement à sec en ce temps-là. Le fond de cette vallée a été repéré par des sondages contemporains, à 4 000 mètres de profondeur, dans le delta du Nil. Près du Caire, il est encore à 2 700 mètres de profondeur, près d'Assiout à 800 mètres et encore toujours à 170 mètres sous le niveau actuel près d'Assouan. Ce qui repose au-dessus de ce fond a été accumulé au cours des périodes suivantes. En outre, il y eut là pendant un temps - à cause du relèvement du niveau de la mer qui dépassa celui de la vallée - un fjord qui s'étendit jusqu'à Assouan. Puis, par suite des mouvements tectoniques, des variations du climat et d'autres changements du niveau de la mer, alternèrent souvent remblaiements et creusements. Il y a 40 000 ans, peut-être plus, les sources du Nil se déplacèrent du Soudan vers le sud et vers l'Éthiopie. Les brusques changements climatiques du quaternaire, qui provoquèrent les périodes glaciaires et interglaciaires dans les régions plus froides, ont aussi laissé des traces dans les dépôts sédimentaires de la vallée du Nil. Surtout, les périodes plus froides - durant lesquelles une grande partie des eaux du globe se figèrent en d'immenses glaciers dans les régions polaires et sur les hautes montagnes - entraînèrent chaque fois un abaissement du niveau de la mer et, par conséquent, un creusement plus prononcé par le fleuve des dépôts en sous-sol. Pendant la dernière période glaciaire tout particulièrement, c'est-à-dire de 20 000 à 17 000 ans d'ici, le cours du Nil subit d'intenses modifications. De violentes inondations donnèrent naissance à des terrasses d'éboulis qui, aujourd'hui, sont relativement éloignées du fleuve et sont bien au-dessus de lui. Des périodes d'humidité et de sécheresse ont alors alterné, dont sont témoins les collines de galets du désert oriental et les dépôts de fossiles marins du désert occidental. Une dernière phase humide se termina il y a de cela environ 4 500 ans. L'assèchement progressif imposa à l'homme la découverte de nouvelles techniques d'irrigation. Une coopération sur une large échelle devint nécessaire et la défense dut être organisée contre les nomades qui, depuis les régions voisines en voie de dessèchement, menaient des incursions dans la vallée. Ainsi donc, le fleuve, le climat et la topographie des contrées limitrophes ont donné l'impulsion nécessaire à la naissance d'une des plus fameuses réalisations civilisatrices de l'humanité : l' Egypte antique.
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© Manon de Boisemont 2007