Le commerce extérieur de l'Egypte
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Damas était une ville de la province d'Oupe. La province la plus méridionale, enfin, était celle de Canaan, avec Gaza comme chef-lieu. C'est là que se terminait la piste caravanière qui depuis l' Egypte longeait la côte méditerranéenne. Ces résidences officielles des hauts fonctionnaires égyptiens étaient gérées comme des propriétés privées du pharaon qui disposait, en outre, d'autres domaines et centres de production agricole et artisanale. Quelques temples aussi, surtout celui d'Amon à Karnak, possédaient des domaines dans les provinces soumises. Les troupes d'occupation n'avaient, d'après leur nombre limité, qu'une valeur symbolique. On rassemblait et accumulait dans les villes portuaires les tributs qu'il fallait porter en Egypte. Ils consistaient en bœufs, chevaux, moutons et en grandes quantités de bois du Liban, « le pays du dieu au-delà des nuages ». A cela s'ajoutaient de la bière, du vin et de l'huile, considérée tantôt comme denrée alimentaire, tantôt comme parfum (mélangée à des essences parfumées) ainsi que du miel. On destinait à l'armée des chars, de préférence décorés d'or ou d'argent, des cottes de mailles, des cuirasses, des poignards, des haches, des glaives en forme de faucille, des arcs, avec carquois et flèches. Quant aux métaux, on cite le cuivre, le bronze, le plomb, l'étain, l'or et l'argent. Des objets en fer n'apparaissent encore que très rarement ; considérés comme des pièces d'orfèvrerie ou des armes d'apparat, c'étaient plutôt des cadeaux fort appréciés, tout comme les flacons à huile parfumée sculptés dans des cornes. Tous ces biens proviennent aussi du butin dont il ne faut certainement pas sous-estimer l'importance au cours des dizaines d'années de guerres de conquête. Lors de la capitulation de Megiddo, les Egyptiens prirent 2 000 juments, 191 poulains et 6 étalons, tandis que l'impôt levé sous Thoutmosis III en huit ans rapporta 1 500 chevaux. On cite un butin particulièrement original, qui consista en 270 chanteuses qu'Amenhotep II captura « avec leurs instruments en argent et en or », pour la réjouissance du cœur. L'administration de la Nubie reposait totalement entre les mains d'un fonctionnaire égyptien, qui portait le titre de « fils royal de Koush ». Il était directement responsable devant le roi et avait un « lieutenant » pour Koush et pour Ouaouat (Haute et Basse Nubie). Le général en chef de Koush dirigeait toutes les opérations militaires. Plus tard, à Napata, qui se situait dans la région frontalière la plus méridionale de Karoy et qui devint le plus important lieu d'échanges commerciaux avec l'Afrique centrale, se forma sur la « montagne pure », l'actuel Gébel Barkal, un centre du culte d'Amon dont l'aspect de bélier avait une origine nubienne. Le fils royal de Koush résidait la plupart du temps à Aniba, occasionnellement aussi à Faras. La présence égyptienne fut plus marquée en Nubie qu'en Asie antérieure. Une série de sanctuaires consacrés non seulement à Amon-Rê, mais aussi à Hathor ou au premier vainqueur des Nubiens, Sésostris, rendit cette prise de possession bien visible. A l'occasion de la fête de son jubilé, au cours de sa 30e année de règne, Amenhotep III fonda à Soleb un sanctuaire et un culte en l'honneur de sa propre personne, ce qui était un événement sans précédent. Seul Ramsès II allait le dépasser en créant le culte royal. La prédominance culturelle de l' Egypte atteignit de telles proportions en Nubie que la population indigène s'égyptianisa en grande partie. Les chefs de tribus portaient des noms égyptiens et se faisaient ensevelir selon le rite égyptien. Ils envoyaient leurs enfants - comme les vassaux d'Asie - parfaire leur éducation en Egypte, en somme en otages à la cour royale. Parmi les tributs de la Nubie se plaçaient en premier lieu l'or et l'alliage naturel de l'or et de l'argent appelé électrum. Pour une seule année de règne de Thoumosis III, on cite pour Ouaouat 286 kilos d'or et pour Koush presque 18 kilos. Il existe une description détaillée, datant seulement des derniers siècles avant J.-C., qui concerne les conditions de travail dans les mines d'or où des Nubiens, des prisonniers de guerre et des condamnés égyptiens étaient soumis aux travaux forcés. Cependant, ces conditions ne doivent guère avoir été meilleures auparavant, quand nous apprenons qu'une formule de serment fort courante à la fin du 2e millénaire avant J.-C. utilisait pour signifier une condamnation la tournure suivante : « Par Amon et mon Maître, si je mens, que mon nez et mes oreilles soient coupés et que je sois envoyé à Koush ! » A part l'or et l'électrum, le tribut des Nubiens consistait en céréales, en bétail - en quantités minimes toutefois - et en pierres précieuses, mais aussi en bateaux en bois de palmier et d'acacia ainsi qu'en esclaves, en ivoire, en bois d'ébène, en plumes et neufs d'autruche, en animaux vivants, comme des girafes, des félins et des singes. Selon toute apparence, des jardins botaniques et zoologiques devaient avoir déjà existé autrefois dans les palais égyptiens. Les plantes et animaux rares entretenus là témoignaient de l'universalité du commerce et de la toute puissance du roi
| L'agriculture en egypte | |||
© Manon de Boisemont 2007