Le commerce en Egypte ancienne

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Si l'on se fie aux listes comme celles contenues dans la correspondance d'Amarna, on trouve parfois des chargements entiers de caravanes qui sont présentés comme des « cadeaux ». On découvre un aspect amusant de cette « politique de présents » dans le fait que la quantité et la valeur des denrées sont portés très exactement en compte et que l'on reproche souvent aux Egyptiens de ne s'être pas montrés suffisamment généreux. Assourouballit d'Assyrie, par exemple, s'attendait à des livraisons d'or d'Akhénaton en quantités qui suscitent toutefois l'étonnement, quand il écrit qu'il a commencé de bâtir un nouveau palais, « que je veux achever ». « L'or, autant que l'exige le revêtement et autant qu'il en faut, envoie-le, toi, si tu as l'intention d'entretenir une bonne amitié sincère ! » Comme il faut s'y attendre, et c'est un usage normal de mémoire d'homme, on attacha une très grande importance, dans la correspondance diplomatique, au rang précis du destinataire et de l'expéditeur. Les souverains d'Etats indépendants, qui jouissaient de droits égaux, s'adressaient la parole dans les termes suivants : « Au roi d'Egypte a ainsi parlé Assourouballit, roi d'Assyrie ». Ils s'appelaient « frère » et souhaitaient un « bien-être » mutuel à leurs maisonnées, femmes, enfants, courtisans et chevaux - les chevaux de race et les chars parés avec élégance et faste étaient devenus les symboles par excellence du statut social. Les rapports de vassalité des princes d'Asie s'exprimaient en revanche par de tout autres tournures, par exemple :« A Nammouria (Nebmaatré-Amenhotep III), fils du soleil, mon maître, a ainsi parlé Akissi, ton serviteur. Sept fois je me suis jeté aux pieds de mon maître. Ô mon maître, en ce lieu, je suis ton serviteur. Je cherche le chemin vers mon maître ; de mon maître, je ne m'éloigne pas ». Ils se mettaient « sur le ventre et sur le dos » devant le roi-dieu d'Egypte qui ordonnait d'adorer ses statues et celles de son épouse principale et ils se désignaient comme la « poussière sous tes pieds ». Le roi d'Egypte « parlait », au contraire, « simplement à Azirou, l'homme d'Amourrou ». L'exotisme de l'étranger et de celui qui parle une langue étrangère ne pénétra pas uniquement dans le harem. Comme Rome plus tard, l' Egypte aussi s'efforça, grâce à des otages, de se donner à la tête des territoires conquis des vassaux consciencieux et fidèles. C'est ainsi que naquit l'usage d'élever à la cour d'Egypte les enfants des princes d'Asie qui arrivaient accompagnés d'une suite indigène. Dans les quartiers du port et les caravansérails des grandes villes, surtout à Thèbes et à Memphis qui avait connu un nouvel essor comme chantier naval et base militaire à cause de sa situation géographique favorable par rapport à l'Asie antérieure, des marchands originaires de toutes les parties du monde connu à l'époque, jusque et y compris les îles de la mer Egée, complétaient l'image d'une population bigarrée, mélange auquel s'ajoutaient les esclaves de tous les souverains des pays ou des régions avoisinantes. «J'informai les chefs de tribus du montant de leurs impôts annuels. » Sous la domination égyptienne, les territoires d'Asie antérieure furent partagés en trois provinces. Des fonctionnaires égyptiens se trouvaient à leur tête en qualité de « chefs des pays étrangers du Nord », chefs vis-à-vis desquels les princes des villes indigènes étaient responsables après avoir juré fidélité au pharaon régnant alors en promettant de ne commettre « aucune méchanceté contre le roi NN durant leur vie ». Tous les détails des tâches administratives, comme aussi la perception des impôts et des tributs, leur incombaient. Le devoir principal des fonctionnaires égyptiens consistait à surveiller le bon fonctionnement de l'administration ; ils devaient régler les conflits entre chefs locaux et veiller au versement régulier de l'impôt. La province la plus septentrionale était celle d'Amourrou. Le siège administratif en était Simyra, située à quelque quarante kilomètres au nord-est de Tripoli, sur le Nahr el-Kébir. Cette province s'étendait jusqu'à Byblos. Au sud-est, elle jouxtait celle d'Oupe, dont Koumidi était le centre, dans la plaine de la Bekaa, à cinquante kilomètres au sud-est de Beyrouth.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007