Le clergé d'Amon au nouvel Empire

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Toujours sous le coup de sa suppression à l'époque amarnienne, le clergé d'Amon de Karnak, revenu à un nouveau prestige à l'époque ramesside, poursuivit résolument l'expansion de son influence. Dans de moindres proportions, les autres centres religieux du pays connurent aussi ce phénomène. Grâce à une politique conséquente d'héritage de la charge et grâce à la perception des revenus de grands domaines ruraux dont les profits devaient revenir normalement au roi, les grands prêtres d'Amon réussirent à élargir la base économique du temple dans la mesure où celle de l'Etat diminuait. C'est ainsi qu'un Etat croissait dans l'Etat, conférant une indépendance correspondante au grand prêtre vis à vis du roi. Mais comme les fonctions temporelles et spirituelles n'étaient pas séparées à cette époque, la souveraineté de quelques familles puissantes se communiqua aussi au corps des fonctionnaires. Le déclin de l'autorité publique et l'importance de la corruption dans la fonction publique transparaissent déjà dans les actes des procès des pillards de tombes. L'activité des bandes qui oeuvraient la nuit dans la Vallée des Rois n'aurait jamais pu atteindre de telles proportions si les fonctionnaires les plus haut placés dans l'administration des nécropoles n'avaient pas de bénéfice à ces rapines. On fut finalement forcé de « cacher » les momies dépouillées dans quelques endroits où elles seraient hors de portée. Des Libyens maraudeurs causaient une telle insécurité dans la montagne thébaine à l'ouest qu'on dut même transférer les ouvriers de la nécropole de Deir el-Médina dans l'enceinte fortifiée du temple de Médinet Habou. Un scandale au sujet du temple de Khnoum à Eléphantine est aussi révélateur de la situation. A la suite d'un arrangement entre un prêtre, un propriétaire de bateaux et quelques contrôleurs, le temple reçut durant des années des chargements de blé réduits. Du contingent s'élevant à sept cents sacs, cinq cent cinquante environ n'arrivèrent jamais dans les greniers. Le dernier souverain ramesside, Ramsès XI, fut pratiquement privé de tout pouvoir vers la fin de son long règne. La tentative de se faire respecter dans son pays, avec l'aide du fils royal de Koush d'alors et de ses troupes, aboutit à une dictature de ce fils royal de Koush dans la région méridionale du pays, après que des troubles de guerre civile eurent éclaté en Haute Egypte. Quelques années plus tard, le grand prêtre et chef militaire Hérihor apparut comme l'homme fort de Thèbes ; en accord avec lui, Ramsès XI s'efforça de rétablir l'ordre en proclamant une nouvelle ère. Cependant, le fils royal de Koush, Panéhési, se retrancha en Nubie et l' Egypte perdit ainsi les ressources de la vallée du Nil au sud d'Eléphantine. La souveraineté d'Amon ne fut pas seulement implantée à Thèbes ; à Tanis aussi, dans le delta oriental, non loin de Pi-Ramsès, la Ville de Ramsès, un potentat local se présenta comme mandataire du dieu qui maintenant n'était plus seulement le roi des dieux, mais aussi celui des hommes et qui guidait leurs destinées par des oracles. Après la mort de Ramsès XI, le prince de Tanis, Smendès, considéré comme le fondateur de la 21e dynastie, s'empara du titre de roi de Haute et Basse Egypte. Nous apprenons cependant par le récit de voyage d'Ounamon, qui devait acheter du bois à Byblos pour la construction d'une nouvelle barque destinée à Amon de Karnak, que le roi divin avait perdu toute autorité en passant d'Egypte en Asie antérieure

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007