Les fonctionnaires et le carriérisme en Egypte ancienne
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Le goût du pouvoir, du prestige, de la richesse est l'objectif des ambitions des fonctionnaires : un carriérisme certain. Pour les fonctionnaires de l'Egypte ancienne, le but est de s'élever toujours plus haut sur l'échelle des promotions, à l'intérieur de la carrière administrative. Carrière qui suit une progression graduée. La charge de l'Etat reposait sur les fonctionnaires et les prêtres en tant que représentants du pharaon. Leurs liens familiaux originels avec la personne du Pharaon ont déjà été mentionnés. La spécialisation croissante et l'apparition de nouveaux domaines de tâches relevant de l'appareil administratif exigèrent toujours plus d'emplois et toujours plus de fonctions, ce qui, dès l'Ancien Empire, conduisit au développement d'une bureaucratie très complexe. Pour le seul Ancien Empire, les 1 600 charges et titres de rangs sociaux en sont un exemple parlant. La sécurité de l'existence liée à la carrière de fonctionnaire, le prestige social et surtout le fait d'être plus ou moins proche du Pharaon rendirent le choix de ce métier, indissolublement lié à celui de scribe, particulièrement attractif. Le goût du prestige, de la puissance et de la richesse était, alors comme toujours, un objectif pour les ambitions personnelles et, en Egypte ancienne aussi, il fit naître un carriérisme qui se révéla de multiples manières. C'était là aussi le but suprême, à l'intérieur de la carrière administrative qui suivait une progression hiérarchique, que de s'élever à une position plus haute sur l'échelle des promotions. A la tête du corps des fonctionnaires, on trouve le vizir, et à ses côtés le trésorier, le directeur de la maison du trésor, le directeur des greniers, le grand majordome royal, le généralissime et le « fils royal de Koush », qui était responsable de l'administration de la Nubie. En dessous venaient les « maires » et les fonctionnaires intermédiaires de l'administration qui, entre autres, avaient pour attribution la perception et la comptabilité des taxes et des impôts. Les scribes constituaient la large base de l'appareil administratif. Il sera question plus loin de leur position spécifique. A côté des compétences individuelles et des performances exceptionnelles, ce sont certains liens sociaux, tel le fait d'épouser une « dame du harem », qui pouvaient hâter l'ascension professionnelle. Aux cas de corruption et de subornation de fonctionnaires attestés en grand nombre s'oppose une foule de témoignages littéraires qui traitent des fondements éthiques de cet état professionnel. De l'Ancien Empire à la Basse Epoque, on ne se lassait pas de faire observer dans les « sagesses » que, de toute action, c'étaient ses avantages pratiques et payants pour la situation sociale en cours qui étaient la seule mesure et la seule garantie d'une action avisée et conséquente. Seul un mode de comportement qui va dans l'intérêt du Pharaon et de son Etat pouvait être utile à sa vie personnelle. En conséquence, être distingué par le Pharaon en recevant l'« or d'honneur » était un des plus importants événements dans la carrière d'un fonctionnaire. Ces distributions de décorations couramment représentées surtout dans les tombes du Nouvel Empire étaient effectuées par le Pharaon en personne. La plupart du temps accompagné de son épouse, il lançait les parures honorifiques depuis la « fenêtre d'apparition » de son palais ou suspendait lui-même un collier d'or au cou de ses fonctionnaires.
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© Manon de Boisemont 2007