Biographies en Egypte ancienne.

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Les autobiographies qui sont inscrites sur les monuments funéraires sont apparentées aux sagesses. Elles ne devaient pas seulement perpétuer après leur mort le nom, le titre et les réalisations des fonctionnaires, mais aussi transmettre les règles éprouvées d'une conduite morale. L'idéal qu'on mettait constamment en exergue pour le jeune homme à l'école, avant tout par la copie des enseignements, c'est-à-dire l'idéal de l'homme réfléchi, aux actions bien pesées, apparaît comme incarné à titre d'exemple dans le défunt. Celui-ci s'adresse aux vivants à la première personne, il énumère les fonctions qu'il exerça grâce à la faveur royale et à ses propres mérites, et il signale les réalisations qui lui ont valu du prestige et ont servi sa carrière. On n'apprend cependant rien à propos de sa vie privée, de son âge, de son mariage et de sa famille. De même, les échecs et les erreurs, qui trempent pourtant aussi le caractère de l'homme et peuvent avoir une valeur pédagogique, ne sont pas mentionnés. Et ce sont surtout les biographies du Nouvel Empire qui recèlent des informations concernant certains événements historiques auxquels le défunt a été mêlé. Annales et « gestes royales » « Paroles d'Amon-Rê : je communique la crainte de Ta Majesté aux cœurs de tes ennemis » Des décisions et des actes politiques importants, comme la réunion des deux pays ou la victoire contre des ennemis étrangers, gardaient dans la tradition une valeur idéologique et devenaient des rites auxquels chaque souverain devait se soumettre. L'étroite relation entre l'exercice du pouvoir et l'idéologie en Egypte n'a permis la naissance d'aucune façon autonome d'écrire l'histoire. La littérature historique se limite à des listes annalistiques et à ce qu'on peut appeler les « gestes royales ». Jusqu'à l'époque la plus tardive, on consigna dans des annales les événements notables survenus sous le règne de chaque roi. Les souverains de la 18e dynastie insistent toujours avec une satisfaction toute particulière sur le fait que les actes qu'ils ont accomplis n'ont pas de parallèles dans les annales antérieures. Ces textes constituèrent la source fondamentale de l'ouvrage historique de Manéthon au 3e siècle av. J.-C. Les célèbres annales de Thoutmosis III dans le temple de Karnak sont des copies des carnets quotidiens de ses seize campagnes contre la Syrie. «Alors que Sa Majesté était à Memphis, il advint un jour que... » Ainsi ou de semblable façon commencent les « gestes royales », qui relatent les décisions et les réalisations importantes du roi, exécuteur de la volonté divine. En rêve ou dans un oracle, le dieu - en général, le dieu de l'Empire, Amon-Rê - se manifeste et donne des ordres pour la construction ou la rénovation d'un temple, l'institution d'offrandes aux dieux ou encore la conduite d'une guerre. Parfois, le roi a lui-même l'idée initiale, mais ce sont toujours les dieux qui accordent le succès. Le « poème de Qadesh » est bien le plus célèbre exemple de l'interprétation poétique d'un événement historique. On peut aussi citer les chants de couronnement et les hymnes de victoire. Ceux de Thoutmosis III furent imités par Séthi I" et Ramsès II. Un hymne composé à l'occasion du combat de Merenptah contre les Libyens contient la plus ancienne mention du peuple d'Israël sur un monument égyptien. Pour cette raison, on l'appelle la Stèle d'Israël. Contes et récits « Beaucoup de jours après cela, il arriva que... » Des conteurs ambulants chantaient en Egypte des aventures véridiques ou des histoires de magiciens et de dieux. A un moment donné, ces récits furent mis par écrit. Plusieurs thèmes connus de cultures plus récentes ont trouvé là leur première expression : l'aventure de Sindbad dans Le Naufragé, le cheval de Troie homérique ou les outres à vin d'Ali Baba dans La Prise de Joppé, le concours pour la main de la princesse dans Le Prince prédestiné et l'histoire biblique de Joseph et de la femme de Putiphar dans le Conte des deux frères . Les contes du Nouvel Empire contiennent souvent des récits où les dieux accusent des faiblesses humaines. « Réjouis-toi ! Amon t'a livré le prince de Joppé, avec tous ses sujets et sa ville » La Prise de Joppé (18e dynastie) Le héros du récit est le général Djéhouty, connu par ailleurs. Pendant une des nombreuses campagnes de Thoutmosis III, il assiégea Joppé, l'actuelle Jaffa en Palestine, et il enleva la place grâce à une ruse qui allait être imitée à plusieurs reprises. Djéhouty invite le prince de Joppé à un banquet et lui offre sa soumission ainsi que celle de sa famille et la cession de tous ses biens. Il laisse croire qu'il place ceux-ci dans 500 sacs qu'il fait apporter. En réalité, il y dissimule des soldats. Au cri de « Nous avons Djéhouty ! », la sentinelle ouvre la porte de la forteresse.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007