Le culte d'Aton en Egypte ancienne.

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Au cours de la 18e dynastie, le culte d'Aton avait gagné progressivement en importance, surtout dans le milieu de la Cour où la spéculation théologique s'était de plus en plus concentrée sur ce dieu. Après son avènement au trône, le jeune Amenhotep IV avait déjà démantelé pas à pas les anciennes traditions divines. Probablement vers l'an 6 de son règne, en transférant la résidence à Akhétaton, l'« Horizon » ou le « Lieu lumineux d'Aton », il proclama une nouveauté révolutionnaire. Désormais, son dieu Aton serait non seulement le dieu suprême, mais aussi le dieu unique, qui ne tolérerait aucune autre divinité à ses côtés. Bien que les hymnes et les représentations mettent sans cesse l'accent sur l'amour et la chaleur du cœur, Aton a dû sembler, aux fidèles, éloigné, abstrait, inaccessible. Ceci d'autant plus que le seul médiateur était le roi, lui-même tout aussi inaccessible. La seule représentation encore permise montrait l'Unique en tant que disque solaire pourvu de mains procurant la vie. Privée de tout mythe vivifiant, cette iconographie était exsangue et sans chair. Dans sa jalousie fanatique, Aton avait fait effacer tous les autres dieux. Pourtant, il ne connut pas le même sort à la fin de sa courte période. Renvoyé uniquement dans ses limites, il redevint ce qu'il avait toujours été : l'un des aspects de Rê. Parallèlement au mythe du déluge, transmis en Mésopotamie par l'épopée de Gilgamesh, l'Egypte a connu également l'histoire de l'humanité rebelle et impie qui pour cette raison doit être anéantie. Rê, le roi des hommes et des dieux, avait vieilli, « ses os étaient en argent, sa chair en or et ses cheveux en véritable lapis-lazuli ». Alors, il apprend que les hommes se sont aperçus de sa faiblesse et conspirent contre lui. Sur le conseil des autres dieux, il charge son oeil, c'est-à-dire Hathor (ou Sekhmet), d'exterminer les insurgés. Mais face à l'horrible massacre commis par la déesse sous la forme terrifiante d'une lionne, Rê regrette l'ordre donné. Se sentant à nouveau capable de dominer les hommes réduits en nombre, il cherche à les sauver de l'extermination totale par la lionne féroce. Le personnel de son temple à Héliopolis est chargé de brasser de la bière et de la teinter d'ocre rouge d'Eléphantine de manière qu'elle ressemble à du sang humain. 7 000 cruches en furent versées là où l'épouvantable déesse voulait achever sa tâche. La bière couvrait les champs de trois empans de hauteur. Le matin, la déesse vint et en but jusqu'à satiété et « cela fit du bien à son cœur ». Dans son ivresse, elle ne reconnaissait plus les hommes et fut apaisée de telle manière que le dieu Soleil put l'accueillir à son retour par les mots : « Bienvenue en paix, toi la douce ! » Rê pourtant se sentait alors trop fatigué pour continuer à régner : « Mes membres sont sans énergie comme à l'origine. Je ne peux plus me défendre si quelqu'un d'autre m'attaque ». Il dit à Nout de se transformer en vache céleste et il se rendit à son palais, installé sur le dos de Nout. Il désigna la Lune pour le remplacer et l'administration fut prise en charge par Thot, le dieu de l'écriture et de la sagesse.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007