L'artisanat dans l'ancienne Egypte,
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Le deuxième secteur économique important de l'ancienne Egypte était l'artisanat. Grâce à la découverte de plusieurs milliers d'ostraca, nous sommes très précisément informés sur la vie d'une agglomération d'artisans du Nouvel Empire. Il s'agit du village de Deir el-Médina où, dès le début de la 18e dynastie et jusqu'à la fin du Nouvel Empire, vécurent les ouvriers qui étaient affectés à l'exécution des tombes royales de la Vallée des Rois. Les tessons d'argile et les éclats de calcaire couverts d'inscriptions qui furent trouvés là dans un puits asséché peignent un vaste tableau de l'organisation, de l'administration et des activités économiques de cette communauté d'artisans. En même temps, ils fournissent aussi un aperçu du fonctionnement de l'économie de l'ancienne Egypte durant le Nouvel Empire, particulièrement durant l'époque des Ramessides, dont la grande majorité de ces textes sont contemporains. A Deir el-Médina, quarante artisans résidaient habituellement avec leurs familles. Sous Ramsès IV et Ramsès V, on mentionne à une occasion cent vingt travailleurs, mais quarante ouvriers suffisaient généralement pour mener à bien dans les temps voulus les gigantesques travaux des tombes royales. L'exemple des artisans de Deir el-Médina révèle fort bien le haut degré de division du travail auquel était parvenu le processus de production au Nouvel Empire. La construction de grands édifices a toujours nécessité une intense spécialisation, aussi la division du travail a-t-elle dû être connue dès l'Ancien Empire, pour l'édification des pyramides. Cependant, nous ne possédons aucune documentation de cette haute époque qui nous permettrait de préciser les modalités de cette répartition du labeur. La réalisation d'une tombe royale comprenait plusieurs phases de travail, qui étaient essentiellement l'affaire de spécialistes. En premier lieu, une commission de hauts fonctionnaires de l'Etat recherchait un site approprié dans la Vallée des Rois et les architectes de la Couronne élaboraient un plan de tombe qui était tracé sur papyrus ou sur la pierre. Alors, les tailleurs de pierre commençaient à creuser le puits et les différentes chambres funéraires dans le roc. D'autres ouvriers polissaient ensuite les murs et remplissaient les fissures et les cavités avec du plâtre à la préparation duquel des travailleurs étaient spécialement affectés. Ensuite, les dessinateurs entraient en action. Ils esquissaient sur les murs les silhouettes des figures et des hiéroglyphes. Après qu'un maître eut corrigé ces dessins, des sculpteurs spécialisés pouvaient commencer à exécuter les reliefs. Dans la dernière étape du travail, ceux-ci étaient coloriés par des peintres. Le tombeau royal était prêt et pouvait être examiné par la commission. Entre temps, les ouvriers de la première phase de la construction s'étaient déjà attaqués à un tombeau voisin, de telle sorte qu'il y eût constamment une tombe de réserve pour le cas où, par suite de la mort prématurée d'un souverain, on n'aurait pas disposé de suffisamment de temps pour construire une sépulture digne de lui. Cela explique le fait que des rois dont le règne fut très court, comme Amenmès ou Ramsès VI, aient reçu des tombeaux gigantesques. Ainsi donc, l'aménagement d'un tombeau royal requérait toute une foule diverse d'artisans qualifiés. Afin d'éviter les interruptions et les ralentissements du travail, les différentes phases de celui-ci devaient être minutieusement coordonnées. Pour assurer une meilleure surveillance de leur activité, on répartissait l'ensemble des ouvriers en deux équipes, une de droite et une de gauche. Chacune d'entre elles était sous les ordres d'un contremaître et de suppléants. Les tâches administratives relevaient de la compétence d'un scribe et toute la communauté des travailleurs de la nécropole était subordonnée à la haute inspection du vizir de Thèbes.
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© Manon de Boisemont 2007