Anubis : Dieu des morts.

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Oupouaout, était « celui qui ouvre les chemins » de la région d'Assiout, et son nom sonne étrangement comme une onomatopée. En tant que canidé noir ou comme homme à tête de « chacal », il apparaît en fait comme Anubis qui, selon le mythe cherchant à classer les dieux, serait un fils d'Osiris et de Nephthys. En sa personne fusionnent sans doute les différents dieux canidés aux soins desquels on confiait les défunts depuis les temps les plus anciens. Comme ce sont les canidés qui s'attaquent aux sépultures, on espérait pouvoir convertir cette tendance à creuser la terre en un aspect positif. Un des emblèmes d'Anubis est une peau d'animal appelée imiout, « Celui qui se trouve dans l'enveloppe ». Il trouve son origine sans doute dans la coutume ancienne d'envelopper les défunts dans une peau d'animal. La promotion d'Osiris comme dieu funéraire royal et suprême ne fit guère tomber dans l'oubli son aspect de fertilité, surtout que la croyance populaire - et cela pas seulement en Egypte - voyait des rapports entre ces deux fonctions apparemment divergentes. Ce n'est pas par hasard que la puissance créatrice d'Osiris est de nature fortement chthonienne. Elle agit de dessous la terre, elle germe de la semence morte. La plus belle expression de cette conception est ce qu'on appelle l'« Osiris végétant » qu'on déposait fréquemment, depuis le Nouvel Empire, dans les tombes. C'était une planche en forme d'Osiris avec un rebord fait de lattes sur laquelle on mettait de la terre, puis des grains de blé qui, aspergés d'eau, poussaient alors en prenant la forme d'Osiris. Le morcellement d'Osiris par Seth et la dispersion des morceaux du cadavre symbolisent en effet la culture de la semence sacrée dans le pays entier. Les nombreuses « tombes d'Osiris » aménagées aux lieux de découverte de ses membres n'étaient d'ailleurs jamais destinées exclusivement au culte funéraire. Abydos, lieu saint des premières sépultures royales, devint sans doute déjà vers la fin de l'Ancien Empire le lieu central du culte d'Osiris. Selon la légende, Isis a trouvé ici la tête d'Osiris, et en ce lieu se développèrent au cours des siècles également les cérémonies secrètes et les représentations « théâtrales » du culte dans lesquelles on revivait chaque année le destin du dieu. Jusqu'à la fin de la 19e dynastie, l'adoration d'Osiris se concentra aux alentours de l'ancien temple de Khentamenti. Mais ce n'est que par les documents écrits que nous pouvons nous faire une idée des activités architecturales, des fondations et des restaurations fréquentes. Le nombre énorme d'offrandes et de stèles découvertes en cet endroit témoigne chez les fidèles d'un intérêt vital à se faire représenter matériellement en ce lieu sacré. La situation idéale d'être enterré à Abydos n'était réalisable que pour une minorité. Même le « pèlerinage à Abydos » fut inaccessible à la majorité. Avec la construction du temple de Séthi 1er, vers 1300 avant J.-C., le centre de gravité se déplaça vers le sud. Au niveau théologique, il se déplaça vers Amon, qui occupait l'axe médian dans le septuple sanctuaire. A côté de lui sont représentés dans le temple la « famille sainte » Osiris, Isis et Horus, de même que Rê, Ptah-Sokaris et Seth en la forme de Séthi divinisé. En outre, le titre du sanctuaire, la « maison des millions d'années du roi Menmaatré qui est satisfait à Abydos », indique que ce fut en même temps le temple funéraire de Séthi. Le rituel journalier pour le dieu est représenté d'une façon particulièrement exhaustive dans les chapelles du temple. Dans six des sanctuaires, la paroi du fond forme une « fausse porte » qui ne fait défaut que dans la chapelle d'Osiris où, au lieu de celle-ci, une porte mène vers des salles qui étaient sans doute consacrées aux « mystères ». A l'ouest, derrière le temple, se situe en sous-sol l'Osireion, une salle à piliers dont la nef centrale forme une île entourée d'eau. Elle symbolise la tombe d'Osiris, dont la situation insulaire est attestée par des inscriptions également sur l'île de Bigga, près de Philae et à Bousiris. Encore à la phase la plus tardive du culte osirien, on construisait des aménagements pareils dans la salle rouge de Pergame ainsi que dans l'Iseum de Szombathely (Steinamanger), en Hongrie occidentale. Bien qu'Abydos ait toujours été le centre du culte osirien, les grandes festivités du mois de Khoiak, le 4e mois de la saison de l'inondation, furent organisées également dans beaucoup d'autres temples ainsi que dans tous les autres endroits considérés comme « tombe d'Osiris ». Lors de ces fêtes, on rejouait tous les événements relatifs à l'assassinat et à la résurrection d'Osiris. A Sais, les femmes allumaient des lampes à huile durant la « nuit de l'offrande », afin de soutenir Isis dans la quête des membres de son époux.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007