Animaux domestique en Egypte

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Les milliers de momies de chat retrouvées dans des cimetières pour chats nous font penser que le chat était l' animal domestique le plus populaire de l' Egypte ancienne. Le chat accompagne parfois son maître dans l'au-delà sous forme de statuette. Mais, il y avait aussi l' animal domestique utile à l' agriculture : il s'agit d'une douzaine d'espèces indispensables dans la vie quotidienne surtout pour l' agriculture. Le bœuf, le mouton, la chèvre, le porc et le chien, sont liés au progrès de la civilisation en Egypte. Dans les palais pharaoniques, le chat était l' animal domestique par excellence. Mais pour l' agriculture, l' animal domestique le plus important était le bœuf. Il est omniprésent sur les bas reliefs. Quant à la bête de somme de l' Egypte antique, c'était tout simplement l' âne, le premier animal domestique de l'histoire de l' Egypte. Quant au chat qui, à l'opposé des autres animaux domestiques, est un solitaire, le processus de sa domestication a pris beaucoup de temps, car ses attaches avec le monde sauvage restaient vivaces. Même à la Basse Epoque, il ne semble pas que le chat domestique se soit déjà définitivement distingué du chat sauvage, car les squelettes retrouvés montrent à peine quelques symptômes de domestication. Ce sont les chats de couleur fauve, vivant comme animaux favoris dans les résidences des riches, qui quittèrent les premiers la vie sauvage. L'éventail des petits mammifères attestés s'élargit et acquiert une précision croissante grâce à la récupération des os d'animaux au cours des fouilles archéologiques. La grande musaraigne d'Olivier fut représentée en bronze. Les minus­cules ossements de la musaraigne naine trouvés à Tell elMaskhouta ne peuvent être identifiés qu'à la loupe. Les rongeurs les plus courants étaient les campagnols du Nil et les rats des sables. Cependant, on ne sait pas encore avec précision depuis quand il y a en Egypte des rats communs. Une chose est sûre : un chat domestique qui vécut à l'époque romaine et fut exhumé à Qoseir (au bord de la mer Rouge) avait mangé, lors de son dernier repas, six jeunes rats. Dans ce cas, la datation était assurée d'entrée de jeu. A la fascinante multitude des bêtes sauvages, dont on n'a pu ici qu'esquisser le tableau, s'opposent les animaux utiles à l'agriculture et les animaux familiers parfaitement domestiqués. A vrai dire, il ne s'agit en tout et pour tout que d'une douzaine d'espèces, mais celles-ci étaient pour la plupart indispensables dans la vie quotidienne - et pas seulement pour le peuple des campagnes ! Le bœuf, le mouton, la chèvre et le porc - soit les animaux « économiques » au sens étroit du terme - de même que le chien, sont liés au progrès de la civilisation néolithique en Egypte. Ils y sont attestés au moins dès le 5e millénaire av. J.-C. et furent peut-être importés tous ensemble de Palestine. Pour les anciens Egyptiens, l'animal domestique le plus important était le bœuf. Il est omniprésent dans les scènes qui ont pour motif la vie à la campagne et dans les offrandes alimentaires dont bénéficient les défunts. Cependant, les ossements d'animaux « économiques » trouvés dans des restes de cuisine restreignent la portée des représentations murales, lesquelles exagèrent l'importance du bœuf et du « gibier du désert ». Il fallait consentir beaucoup d'efforts pour en posséder. Les animaux de moindre prix mais utiles aux paysans, le mouton et la chèvre, ou bien le porc longtemps frappé d'interdit religieux, ne sont représentés qu'en relation avec des activités agricoles, comme l'enfouissement des semences. Les bovins de la vieille Egypte étaient généralement de majestueux animaux à longues cornes, mais par suite d'une mutation biologique, certains étaient démunis de cornes. On les utilisait comme animaux de trait et pour le dépiquage des céréales. En outre, on tirait profit de leur lait et de leur viande. Dès l'Ancien Empire, on avait remarqué que la castration rendait l'engraissement plus efficace. A l'origine, à côté du mouton ordinaire, il en existait un autre, haut sur pattes, poilu, à croissance lente, qui, depuis la fin de la préhistoire, portait des cornes horizontales et torsadées. Le dieu potier Khnoum lui emprunta sa physionomie. Au Moyen Empire, le mouton d'Amon aux cornes en spirale, fournisseur de laine, commença à l'évincer. En ce qui concerne les races de chèvres de l'ancienne Egypte, les cornes torsadées en V étaient caractéristiques. L'élevage du porc (tout spécialement celui des gorets) joua à l'époque préhistorique un rôle considérable en Basse Egypte. A Minshat Abou Omar, le dépôt de têtes de porcelets à proximité de corps inhumés révèle l'importance du porc dans les coutumes cultuelles. Sur les reliefs muraux de la 18` dynastie, nous pouvons voir à quoi ressemblaient ces cochons. Comme la sécheresse du climat le laisse présager, ils avaient les oreilles droites et une forte crête de soies tout le long du dos. La bête de somme des anciens Egyptiens était tout bonnement l'âne. Si la théorie selon laquelle il aurait d'abord été domestiqué en Egypte est exacte, cela a dû se produire dès le 4e millénaire av. J.-C., car à la fin de celui-ci l'âne domestique apparaît déjà en Mésopotamie.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007