Le monde animal en Egypte antique
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En Egypte antique, le monde animal vivant était sacralisé, idolâtré. Chaque animal était considéré comme une incarnation vivante des principes divins et fut associé à des divinités. Même les temples d' Egypte élevaient dans des enclos sacrés l'animal en rapport avec le dieu qui y était vénéré. Les animaux morts avaient droit à une momification et à un enterrement cérémonial. En Egypte, on a retrouvé le monde animal sous forme de grandes quantités de momies d'animaux (chat, taureau, crocodile, oiseau, etc.) Les douze heures du jour et de la nuit étaient chacune associée à un animal sacré en Egypte ancienne : le chat, le chien, le serpent, le scarabée, l' âne, le lion, le bélier, le taureau, l' épervier, le singe, l' ibis, le crocodile. La faune de l'ancienne Egypte est singulièrement riche en espèces, comparée à celle d'autres civilisations antiques. Assurément, les conditions de la recherche en ce domaine y sont favorables comme nulle part ailleurs. Les représentations animalières des figurations murales sont d'une extraordinaire fidélité à la nature, bien que stylisées et idéalisées ; en outre, il y a pléthore de sculptures d'animaux. Après une ébauche de commencement au début de ce siècle, on a repris à neuf l'étude zoologique de l'incroyable quantité de momies animales de la Basse Epoque ou de ce qu'il en subsiste. Les méthodes de fouille les plus modernes ne négligent plus les os d'animaux trouvés sur des sites d'implantation humaine ou de temples. Cela accroît notre champ de recherches. Depuis que toutes ces sources sont exploitées avec compétence, la réalité apparaît dans toute sa diversité. En même temps, l'éventail des espèces attestées s'élargit. Par ailleurs, certaines idées imposées par les représentations murales sujettes à des modes sont désormais d'un moindre poids. Chenal de communication entre l'Afrique Centrale et la Méditerranée, le Nil, par son long cours de quelque 2 000 kilomètres à travers des déserts aujourd'hui privés de pluie, amena d'« Ethiopie » jusqu'en Basse Egypte une foule d'espèces animales. De ces animaux, les deux plus extraordinaires, l'hippopotame et le crocodile du Nil, s'y maintinrent toute l'Antiquité durant. Ils animent presque constamment les scènes fluviales des figurations murales. Les premiers animaux à être parvenus en Egypte par la forêt-galerie qui suivait au début le fleuve furent le babouin doguéra et le cercopithèque vert. On ignore quand ils disparurent de la faune indigène. Les cercopithèques représentés au Nouvel Empire parmi les animaux préférés des gens de qualité provenaient déjà du Sud ; Quant aux babouins élevés en grand nombre dans l'enceinte des temples dédiés à Thot à la Basse Époque, ils devaient tous être importés, le babouin doguéra de Nubie et le babouin à camail des chaînes montagneuses du sud-est. Leurs conditions de captivité ont dû être lamentables, car leurs squelettes témoignent d'arthroses et de rachitismes.
| L'agriculture en egypte | |||
© Manon de Boisemont 2007