Amon-Rê Dieu suprême d'Egypte
Cliquez pour lire la bande dessinée de style égyptien !
Amon porte une couronne à double plume stylisée qui est l'attribut du vent et qui caractérisait déjà le faucon doré d'Hiérakonpolis comme maître des airs. Déjà au Moyen Empire, il est associé de façon syncrétique à Min, l'ancien dieu de la fertilité et de la procréation, dont les principaux centres de culte sont Coptos et Akhmîm. Min est représenté debout et momiforme, à l'image d'une idole. Il est représenté le phallus en érection et un bras levé en équerre vers l'arrière. Sur les doigts tendus de la main pend ou plane le fouet (en égyptien, nekhekh). Ce vieux symbole de culte et de pouvoir, qui appartient aussi à Osiris, est composé d'un manche court duquel pendent des rubans ou des cordes. On ne sait s'il s'agit d'un fouet ou d'un chasse-mouches. Sur la tête, Min porte, comme Ptah, une calotte serrante pourvue d'un ruban. En tant qu'Amon-Min, il porte en outre la couronne à plumes. D'autres attributs se rapportent à sa puissance procréatrice : le palmier doum, le taureau blanc et surtout les pieds de salade romaine, qu'on considérait comme aphrodisiaque et qu'on offrait aux dieux et aux défunts. Lors de sa fête principale, au début de la moisson, un petit parterre de pieds de romaine était porté aussi en procession. Comme Coptos était le point de départ d'une des principales routes de caravanes à travers le Ouadi Hammamat vers la mer Rouge, Min était vénéré aussi comme patron des routes du désert et patron du désert oriental. Sous sa surveillance se plaçaient surtout les expéditions vers les carrières dont témoignent de nombreuses inscriptions dédicatoires sur les rochers de la vallée éloignée et dangereuse. En tant qu'Amon-Min, le dieu de l'empire était non seulement le garant de la luxuriance de la végétation, mais aussi du renouvellement perpétuel de la création. A l'époque gréco-romaine, il fut assimilé à Priape. L'aspect de la fertilité est mis en évidence également sous la forme du bélier d'Amon. Nous ignorons si cette forme de manifestation a été empruntée à une autre divinité et qui était cette divinité, surtout qu'il y avait beaucoup de dieux béliers en Egypte. Il n'y a d'ailleurs pas d'indice prouvant qu'à Thèbes on adorait un bélier vivant, comme c'était le cas par exemple à Eléphantine ou à Mendès. La plus importante liaison d'Amon est celle qui l'unit à Rê. C'est par cette relation qu'Amon a pu s'élever à la position de père des dieux en reprenant toutes les caractéristiques du dieu solaire, qui depuis l'Ancien Empire étaient déjà relativement importantes. De cette manière, Amon a pu prendre n'importe quel aspect, tous les autres dieux n'étaient en effet que ses différentes manifestations. Il devint ainsi également « le maître des trônes des Deux Pays », le dieu-roi. Les souverains de la 18e dynastie se réclamèrent de sa paternité, de son choix, de sa légitimation, mais en dépendirent aussi de plus en plus. La théologie du « roi Amon » et de son représentant terrestre fut réalisée de la façon la plus conséquente dans la théocratie thébaine, mais elle n'avait plus en ce moment une signification politique réelle. Certainement depuis le Moyen Empire, on avait associé à Amon deux autres divinités locales - sans doute plus anciennes - Mout comme épouse et Khonsou comme fils. Avec eux, il formait une des triades familiales les plus connues. Le nom de Mout fut interprété depuis la 18e dynastie comme signifiant « la mère ». A l'origine, Mout était pourtant une déesse vautour comparable à Nekhbet d'Elkab. De cette prime fonction, Mout, qui a forme humaine, a gardé la dépouille de vautour qui lui pare la tête. Etant l'épouse du dieu-roi, elle porte fréquemment la double couronne des deux pays. Amaounet, l'épouse hermopolitaine d'Amon, n'apparaît pour ainsi dire pas à Thèbes. Bien que Mout ait emprunté au cours du temps des traits universels, la tendance à adopter des caractéristiques divines étrangères est restée limitée chez elle. Sa seule liaison significative est avec Sekhmet, la lionne, dans la fonction spécifique de maîtresse de la maladie. Khonsou, le fils de la famille divine thébaine, est un dieu lunaire et il fut appelé « le voyageur ». Le disque de la pleine lune ainsi que le croissant de lune sont ses attributs, tout comme chez Thot. Généralement, il est représenté momiforme comme une idole. Il se tient debout, les pieds joints. Dieu-enfant, il porte souvent la mèche de l'enfance et, depuis la Basse Epoque, on le représente volontiers nu à la manière des enfants, le doigt à la bouche. Suivant l'exemple d'Horus, il apparaît parfois aussi avec une tête de faucon. Quoique la théologie officielle ait limité Khonsou à sa position dans la triade, le peuple l'a fort adoré, surtout comme protecteur contre les maladies et comme dieu oraculaire.
| L'agriculture en egypte | |||
© Manon de Boisemont 2007