L'héritage d'Alexandre le Grand .

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Alexandre le Grand mourut en l'an 323 avant J.-C., âgé de trente-trois ans, à Babylone, la métropole du pays des deux fleuves, qu'il avait choisie comme capitale de son empire. Dans la lutte pour son héritage, l' Egypte revint au général Ptolémée, fils de Lagos. A partir de 305-4 avant J.-C., il prit le titre de roi. Contrairement à celle des Perses, la politique religieuse des Ptolémées s'orienta vers la pacification des Egyptiens. Les premiers rois menèrent à bonne fin le retour des statues divines déportées et des textes sacrés et accordèrent des donations de terres et des exonérations fiscales au clergé des temples. Ils démontrèrent aussi par de nombreux projets de rénovation et de nouvelles constructions de lieux de culte qu'ils comptaient assumer leur rôle d'intermédiaires entre les divinités et les sujets selon la tradition pharaonique, pour le plus grand bien de l'Etat. Etant donné le style de vie plutôt hellénistique des Lagides et leur politique culturelle orientée vers les traditions grecques, ces manifestations de comportement royal à l'Egyptienne prennent une allure de propagande intéressée. Comme la famille royale était d'origine macédonienne, des mercenaires venus de tous les territoires grecs arrivèrent au pays en grand nombre, un nombre accru encore de membres de tribus d'Asie Mineure ou des Balkans qui avaient formé l'armée d'Alexandre. Constituant une réserve pour l'armée dont les Ptolémées se servaient pour réaliser leur politique extérieure d'expansion et maintenir l'ordre à l'intérieur du pays, ces soldats furent établis comme clérouques (cultivateurs colons) avec leurs familles. Leur appartenance à des sections précises de l'armée garantissait la cohésion des populations rurales. Les groupes de peuples d'Asie antérieure - Perses, Syriens et juifs qui habitaient des quartiers spécifiques dans les villes - conservaient aussi leur identité. Grecs et Macédoniens occupèrent les hauts postes administratifs, économiques et militaires, y associant leurs compatriotes qui avaient acquis une solide expérience dans le monde des affaires depuis l'époque de la 26e dynastie. Au 3e siècle avant J.-C., les Ptolémées contrôlaient un territoire qui s'étendait sur la côte nord-africaine jusqu'à la Grande Syrte, la côte phénicienne jusqu'au-delà de Tripoli, plus Chypre, les régions côtières d'Asie Mineure et la plupart des îles grecques situées près des côtes d'Asie Mineure. Alexandrie devint alors une importante plaque tournante du commerce international. Les ressources fiscales de l' Egypte augmentèrent brusquement, après que de nouvelles techniques d'irrigation eurent permis de pratiquer une agriculture intensive. La famille royale des Ptolémées devint ainsi l'une des plus riches parmi les familles couronnés qui succédèrent à Alexandre. Bien que la dynastie Lagide respectât, surtout en politique extérieure, un point de vue géopolitique spécifiquement égyptien et qu'elle ne soutînt aucun intérêt situé en dehors du pays, la rénovation véritable de l' Egypte se heurta à la division ethnico-sociale. En effet, les Egyptiens, même ceux qui savaient lire et écrire, accédaient tout au plus aux postes de prêtres ou aux rangs inférieurs de la hiérarchie administrative. Les groupes de population ne restèrent pas, bien sûr, tout à fait séparés hermétiquement les uns des autres ; les mariages mixtes hellénisèrent les Egyptiens et vice versa. Mais lors des troubles qui éclatèrent à partir de la fin du 3e siècle avant J.-C., toujours combattus avec l'aide de l'armée et qui devinrent plutôt des soulèvements nationaux généralisés, la question des nationalités joua aussi, la plupart du temps, un rôle à côté de l'opposition à la pression fiscale toujours plus forte

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007