L'administration des « deux pays » en Egypte ancienne

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Au début de l'histoire de l' Égypte, la Basse Egypte forme un royaume indépendant qui attire la convoitise de son voisin du sud, la Haute Egypte. Convoitise due à la richesse de ses terres d'alluvions et à ses débouchés sur la mer Méditerranée et les régions voisines. Déjà citées dans la titulature royale, les formules dont on se servait pour désigner l' Egypte ancienne, « les deux rives » ou « les deux pays » - parallèles à l'appellation usuelle, « la noire », qui traduit un concept général - peuvent « être comprises comme l'expression toponymique de la dualité qui détermine fondamentalement la structure de la pensée égyptienne » mais répondent aussi approximativement à une différence de nature qui sépare sur le plan géographique et économique les pays de Haute et de Basse Egypte. Par conséquent, la « réunion des deux pays », que l'on doit sans doute rattacher à un événement historique, est tout simplement une partie intégrante de l'exercice de la puissance royale, une composante qui se réfère à un tout consistant en un couple d'opposés, pourtant complémentaires. La Basse Egypte, qui s'étendait jusqu'à la pointe sud du Delta, et la Haute Egypte, qui s'étendait de ce point jusqu'à Eléphantine, trouvaient leur équivalent dans une bipartition, au moins formelle, des ressorts particuliers de l'administration, perceptible dès la fin de l'époque préhistorique dans les livraisons d'huile à la cour du Pharaon. Dès l'Ancien Empire, le Trésor joua un rôle considérable en tant qu'une des plus importantes institutions de l'administration du pays. Installé au cœur du pays, dans la capitale Memphis, il était divisé en un trésor « blanc » (Haute Egypte) et un trésor « rouge » (Basse Egypte), situation comparable à la bipartition traditionnelle des charges administratives. Il était également le centre de l'ensemble de l'économie de l'Etat, puisqu'il avait pour mission de collecter, de gérer et de redistribuer les divers produits et revenus du pays, livrés à l'administration à titre d'impôts et de taxes. Sous l'Ancien Empire, c'étaient surtout des denrées alimentaires, du bois, de la pierre, du lin, des meubles, de l'outillage et de l'huile, qui étaient enregistrés et entreposés dans le Trésor, alors qu'au Moyen Empire celui-ci gérait aussi séparément les céréales destinées principalement à nourrir ses fonctionnaires. Au Nouvel Empire, les deux trésors étaient installés à Thèbes et à Memphis, et ils étaient directement subordonnés au vizir, le plus haut fonctionnaire de l'administration égyptienne. Une des plus importantes missions de l'administration du Trésor était la surveillance des grandes entreprises de construction, spécialement dans la métropole thébaine. L'entretien et le paiement des salaires des ouvriers de Deir et-Médina relevaient aussi de la compétence du Trésor. D'un autre côté, la « gestion des monopoles royaux » était confiée au trésorier, tout comme l'exploitation des mines et des carrières, ou encore l'équipement et la réalisation pratique des expéditions commerciales à l'étranger. Au même titre que le Trésor, les entrepôts appelés « greniers », qui servaient à stocker les grains ou tout autre produit de l'agriculture, formaient depuis l'époque thinite une composante essentielle de l'administration centrale. L'administration des greniers, attestée depuis l'Ancien Empire, avait son siège dans la capitale et contrôlait l'ensemble des greniers de l'Etat dispersés sur tout le territoire de l' Egypte ancienne. Elle avait dans ses compétences l'entretien du palais, de la Cour, du corps des fonctionnaires, aussi du temple funéraire du Pharaon, voire de l'ensemble du pays. Sous Thoutmosis III, pour la première fois, on sait que cette administration avait un siège central qui recensait tous les greniers de l'Etat et qui avait à sa tête un « directeur des greniers de Haute et Basse Egypte ». Celui-ci avait la responsabilité de l'enregistrement dans les dossiers des rentrées de céréales provenant des champs de l'Etat, mais aussi du contrôle de l'approvisionnement en grains des ouvriers et de la troupe.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007