L'Egypte sous la 5 e dynastie.

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Ouserkaf monta sur le trône vers 2450 avant J.-C. L'importance de Rê se déduit non seulement des fondations pieuses, dont la Pierre de Palerme conserva la trace pour la postérité, mais surtout de la construction d'un lieu de culte particulier qui reçut le nom de « temple solaire », pour le distinguer des habituels temples divins. Les inscriptions révèlent l'existence de six sanctuaires de ce type, datant de la 5e dynastie ; deux d'entre eux sont connus par l'archéologie. L'adoration du soleil se comprend aisément en Egypte ancienne. Outre l'eau intarissable du Nil qui déposait le limon fertile lors de la crue annuelle, le soleil aux apparitions si régulières était aussi nécessaire pour faire naître la vie. On le vénéra donc également en tant que dieu créateur. Ce culte n'était évidemment pas une innovation de la 5e dynastie. Déjà sous le règne de Djédéfrê, le successeur de Khéops , on avait tendance à honorer particulièrement Rê. A cette époque, un élément de la titulature royale fit aussi son apparition, élément dont les Pharaons de la 5e dynastie firent alors tout un programme : ils se firent appeler fils de Rê. Les noms de ces Pharaons - Néferirkaré, Niouserré, etc. - prouvèrent leur étroite parenté avec le dieu. La préférence marquée pour Rê, qui est définie dans le Papyrus Westcar comme une véritable paternité, provoque un changement sensible dans la conception de la royauté. L'ordre universel ne repose plus sur la personne du roi divin, comme c'était une caractéristique de la 4e dynastie s'exprimant dans les grandes pyramides d' Egypte. A cette époque, l'ordre trouva une garantie dans la royauté de Rê et la puissance de la fonction royale fut transmise par le dieu au Pharaon dans une relation de père à fils. Le relâchement progressif des liens tissés entre le pouvoir et la magie conduisit aussi à une nouvelle relation entre le Pharaon et ses fonctionnaires. Indice révélateur de ce relâchement, l'histoire vécue du chambellan Raour. Lors d'une cérémonie à laquelle il participait en tant que prêtre en compagnie du Pharaon Néferirkaré, il frôla par mégarde un sceptre du Pharaon. Ce contact avec un objet de l'équipement royal chargé de puissance, Raour devait le redouter au plus haut point et craindre pour sa vie selon la conception traditionnelle. Néferirkaré apaisa cependant Raour et lui dit que lui, le Pharaon, n'avait pas voulu le blesser, mais l'honorer, une forme primitive de l'adoubement en quelque sorte. Un détail de la vie de Ptahshepsès, grand prêtre de Ptah et beau-fils du Pharaon Shepseskaf, atteste encore le lent déclin du pouvoir magique du Pharaon. Ptahshepsès aurait reçu l'autorisation, rapporte-t-il, de baiser le pied de son Pharaon au lieu de devoir se prosterner devant lui à plat ventre. La joie que le vizir Ouashptah ressentit pendant que Néferirkaré le félicitait le mena pourtant à la mort. En qualité de chef de tous les travaux du Pharaon, il inspectait, en compagnie du Pharaon, de ses enfants et de sa suite, un édifice construit sous sa direction. Le chef-d'œuvre provoqua une admiration sans borne. Il s'ensuivit donc un éloge de même degré. Toutefois, sa majesté se rendit compte que Ouashptah n'entendait pas. Même l'art des médecins royaux ne put sauver l'homme visiblement frappé d'apoplexie. Le Pharaon, très affligé, regagna ses appartements privés. Il fonda, pour Ouashptah, un tombeau où le fils aîné inhuma son père et raconta dans une inscription son trépas inopiné. Un autre exemple des relations très personnelles entre le Pharaon et ses hauts fonctionnaires, qui étaient à cette époque encore rarement de souche royale, est une lettre du Pharaon Isési adressée à son vizir Shepsesré et que ce dernier fit immortaliser sur les murs de son tombeau. L'œuvre du dieu-soleil Ré, la nature et tous les êtres vivants qu'elle contient furent pris comme thèmes de figuration dans les temples et tombeaux de la 5 ème dynastie. Des scènes des mondes animal et végétal de la vallée du Nil, des fourrés de papyrus et des bords du désert, mais aussi des scènes de la nature domestiquée, de l' agriculture et de l' élevage permettent aujourd'hui encore de connaître une foule de détails de la vie quotidienne. Des méthodes de production de denrées alimentaires et d'autres biens sont concrètement représentées. En revanche, on peut à peine exploiter sur le plan historique les quelques représentations conservées à caractère politique, telles que le « piétinement des ennemis » ou le « butin d'une campagne menée contre la Libye » sous le règne de Sahouré. En effet, on a mis en évidence qu'elles furent reprises par des rois libyens. Pareilles images triomphales correspondaient donc à une conception du monde qui plaçait encore celui-ci sous l'emprise de la magie de l'image, et que l' Egypte ancienne ne pouvait imaginer que puissant, ordonné et prospère. Naturellement, il se peut que Sahouré ait attaqué ses voisins libyens ; il peut aussi bien avoir pris l'image pour la réalité. Ce qui est au contraire prouvé, ce sont les expéditions menées au Sinaï ou en Nubie pour en rapporter des matériaux pour les constructions et pour les statues, des métaux précieux, des gemmes et des objets de luxe exotiques. Déjà à cette époque, on allait à Pount.

L'agriculture en egypte

© Manon de Boisemont 2007