Aton : Dieu et père.
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Aton a indiscutablement les traits d'un roi et d'un père. La mise en évidence de son caractère royal associé à sa prétention à l'absolutisme, selon lequel seul son « fils » Akhénaton le connaissait - signe jusqu'à présent interprété la plupart du temps comme un despotisme croissant d'Akhénaton - fait plutôt apparaître l'engagement d'un fils qui a dû être privé de l'aide d'un père adoré et qui a dû créer en imagination, seulement après sa mort, le lien intime. La filiation divine du roi égyptien remontait à des millénaires et les ancêtres immédiats d'Akhénaton l'ont souvent soulignée. C'est surtout Rê, Amon-Rê donc sous la 18e dynastie, qu'on considère en premier lieu comme père divin mais, en fait, on pouvait prendre toute divinité pour père. A la différence de cela, le lien entre Akhénaton et Aton possède en outre une nuance d'exaltation et de souffrance. Malgré toutes les louanges et les multiples autels d'offrande, aucun contact actif ne s'établit entre le roi et les rayons solaires d'Aton, mais celui-ci se répand simplement sur le roi et sa famille, sur les temples et sur Akhétaton. Dans les scènes où un roi présente des offrandes à un dieu quelconque, on assiste souvent à l'échange de paroles suivant : « Je te donne, afin que tu me donnes ». Ce dialogue n'existe pas entre Akhénaton et Aton. Ceci pourrait signifier que le roi ne risquait pas le dialogue, mais profitait seulement de l'amour du père répandant généreusement la vie. Il choisit pour nom du dieu un mot solaire qu'on pouvait à peine distinguer phonétiquement du mot « père ». On se demande s'il ne rendait pas, inconsciemment bien sûr, un hommage à son véritable père unique en vénérant son dieu unique. Nous ne possédons plus aucun signe de vie d'Akhénaton après sa 17e année de règne. Il n'est pas sûr qu'on l'ait inhumé dans la tombe royale d'Amarna. On ne peut proposer que des hypothèses sur le sort de sa famille. Nous ignorons ainsi comment est morte Néfertiti, dont le nom n'apparaît déjà plus dans les inscriptions avant la mort de son époux. La concubine Kiya semble avoir joué un certain rôle temporaire. La fille aînée du roi, Méritaton, occupa une place importante pendant un certain temps. On se demande si elle ne monta pas sur le trône avant d'aider Smenkhkaré, un prince d'origine inconnue, à obtenir la légitimité du pourvois royal pendant une courte période. C'est finalement Toutankhaton, peut-être frère de Smenkhkaré, autre descendant de cette famille royale très ramifiée, qui devint roi par son mariage avec Ankhésenpaaton, une fille d'Akhénaton. On poursuivit, déjà sous Smenkhkaré, le retour à la situation précédant les événements d'Amarna, retour accéléré alors sous l'influence du « père divin » Aï (que nous pouvons peut-être identifier au père de Néfertiti) et cela en accord avec le général en chef de l'armée, Horemheb. Ils livrèrent la résidence du « pays lumineux » à la ruine ; le jeune couple royal remplaça l'élément Aton dans ses noms par « Amon ». La croyance en Aton, désignée sous le nom de « maladie » dans les textes de la restauration, s'éteignit avec son partisan le plus ardent. Les blocs faciles à manier, grâce auxquels on réalisa les constructions d'époque amarnienne, servirent plus tard de matériau de remplissage stratifié avec soin pour l'édification de nouveaux monuments. « Quand on envoyait des soldats en Syrie, ils n'obtenaient aucun succès. » Il ressort de la correspondance diplomatique des dernières années d'Amarna que les sphères du pouvoir commencèrent de se déplacer en Asie antérieure
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© Manon de Boisemont 2007